Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412941
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés le 9 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au président de l'université CY Cergy Paris d'accepter sa proposition de dépôt d'un mémoire de recherche ou un autre travail lui permettant d'obtenir son diplôme ;
2°) d'ordonner au président de l'université CY Cergy Paris la validation de son diplôme universitaire sur la base des notes académiques en lieu et place du stage en entreprise non
réalisé ;
Il soutient que :
- la condition d'urgence est établie, dès lors que la validation de son diplôme pour l'année universitaire est compromise en raison d'un défaut de réalisation d'un stage obligatoire en entreprise dans le cadre de sa formation universitaire en alternance ;
- l'université de Cergy a la volonté de l'exclure de ses locaux pour la session de rattrapages du mois de septembre 2024 ;
- l'absence de validation de son année universitaire entraîne des conséquences graves sur son avenir académique et professionnel.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2411998 en date du 21 août 2024.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M A, ressortissant gabonais né le 18 décembre 1997 à Libreville, est inscrit en Master 2 éco-conception et gestion des déchets de l'université CY Cergy Paris pour l'année universitaire 2023-2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au président de l'Université CY Cergy Paris d'accepter sa proposition de mémoire de recherche en lieu et place du contrat d'alternance non-réalisé et de substituer la validation de son diplôme sur la base de ses notes académiques.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, citées ci-dessus, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A fait valoir que la décision de refus de l'université CY Cergy Paris de substituer son contrat d'apprentissage en alternance non réalisé par un mémoire de recherche ou par ses notes académiques l'empêche de valider son année universitaire et l'obtention de son diplôme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été convoqué à la session de rattrapages de septembre 2024, de sorte que contrairement à ce que fait valoir l'intéressé, la session de rattrapage prévue au mois de septembre dans lequel il est inscrit n'est pas conditionnée au refus de la part de l'université de sa présentation aux épreuves, celles-ci se déroulant en distanciel. M. A ne justifie ainsi pas de la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.