Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412944
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412944 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, la société " Auto-école ELITE 92 ", représentée par Me le Foyer de Costil, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté DCL/BRGE n°308 du 18 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a retiré l'agrément autorisant Mme A B à exploiter un établissement d'enseignement, à titre onéreux, de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière dénommé " Auto-école ELITE 92 " situé à Boulogne-Billancourt et portant fermeture de l'établissement ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de délivrer à Mme B une autorisation d'enseigner, à titre onéreux, la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le retrait de son agrément l'empêche de poursuivre son activité commerciale et lui inflige des conséquences économiques graves de nature à la contraindre à licencier l'ensemble de son personnel ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, méconnaît les articles L. 213-2 et L. 212-3 du code de la route et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, moyens qui sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour Mme B de démontrer sa qualité pour agir au nom de la société " auto-école ELITE 92 " ;
- la condition d'urgence n'est pas établie ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n°2412348 par laquelle Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 septembre 2024 à 14h 30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;
- les observations de Me le Foyer de Costil, pour la société " Auto-école ELITE 92 ", qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et demande qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer l'agrément lui permettant d'exploiter un établissement à titre onéreux de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 septembre 2023, Mme A B s'est vu délivrer l'agrément n° E 23 092 0012 0 l'autorisant à exploiter un établissement, à titre onéreux, de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière dénommé " Auto-école ELITE 92 " situé 38 boulevard de la république à Boulogne-Billancourt. Par un arrêté DCL/BRGE n°308 du 18 juillet 2024, dont la société requérante demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension, le préfet des Hauts-de-Seine a retiré cet agrément.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aucun des moyens invoqués par la société " Auto-école ELITE 92 " à l'appui de sa demande de suspension tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet des Hauts-de-Seine et sur la condition d'urgence, les conclusions présentées par la société " Auto-école ELITE 92 " à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a retiré l'agrément autorisant Mme A B à exploiter un établissement d'enseignement, à titre onéreux, de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière dénommé " Auto-école ELITE 92 " doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de sa requête à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " Auto-école ELITE 92 " est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " Auto-école ELITE 92 " et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 20 septembre 2024
La juge des référés,
signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°24129440