lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL LEHMANN & ALAIMO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n°2407196 du 6 septembre 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête présentée par Mme C A.
Par cette requête, enregistrée le 6 septembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, Mme C A, représentée par Me Lehmann demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 août 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur territorial de l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil de Mme A.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise en l'absence d'un interprète ne lui permettant pas de comprendre sa situation ;
- le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui donner un billet de train pour rejoindre le centre d'hébergement de Saint-Brieuc qui lui était proposé est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et de l'absence de moyen et qu'défaut, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Bocquet, en application des articles L. 551-1 et L. 921-1 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Lehman, représentant Mme A, présente et assistée d'un interprète en langue malinké, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens et précise ne pas avoir pu s'entretenir avec sa cliente sans l'assistance d'un avocat et que cette dernière ne refuse pas l'hébergement qui lui était proposé en Bretagne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante guinéenne née le 16 mars 1985, est entrée en France le 13 octobre 2023. Elle a présenté le 13 août 2024 une demande d'asile. Le même jour, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que Mme A a refusé l'orientation en région proposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que la proposition d'hébergement qui lui était faite. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision du 13 août 2024.
2. Aux termes de l'article L 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et en dépit de la présence d'un interprète en langue malinké lors de l'audience, que la requérante a sollicité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile que l'entretien de demande d'asile à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides soit réalisé en langue française. En outre, il ressort de l'entretien de vulnérabilité conduit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration que cette dernière a pu indiquer tant sa date d'entrée en France, son parcours migratoire que ses conditions actuelles d'hébergement et de santé, ce qu'elle ne conteste pas avoir dit et qu'elle a également certifié avoir bénéficié d'un entretien dans une langue qu'elle comprenait. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision du 13 août 2024 aurait été prise en méconnaissance de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'interprète au cours de la procédure doit, en tout état de cause, être écarté.
4. Aux termes de l'article R. 551-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans le cas où le demandeur d'asile est orienté vers une région différente de la région d'enregistrement de la demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui remet un titre de transport afin qu'il se rende vers l'un des lieux mentionnés à l'article R. 551-2. Le demandeur doit s'y rendre dans un délai de cinq jours ".
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait refusé de fournir à Mme A un titre de transport pour se rendre dans le lieu d'hébergement proposé, contrairement à ce qui est soutenu par la requérante et alors qu'il est tenu de fournir un tel titre. Cependant, la requérante ayant préalablement refusé l'offre d'hébergement, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, cette obligation ne peut lui être opposée. Par conséquent, ce moyen doit être écarté comme infondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 août 2024. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
P. Bocquet
La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2412866
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026