Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412969
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412969 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et les pièces complémentaires, enregistrés les 9 et 11 septembre 2024, M. B, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1) De suspendre la décision en date du 17 juillet 2024 portant sur le licenciement pour impossibilité de réemploi suite à sa demande de congé pour mobilité ;
2) D'enjoindre au Ministère de la transition écologique cohésion des territoires et mer de procéder, à titre provisoire, à la réintégration de Monsieur A B dans ses effectifs, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'Ordonnance à venir sous une astreinte de 1000 € jour ;
3) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 3.000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie de la condition d'urgence, dès lors que la décision attaquée est causée de troubles dans ses conditions d'existence et porte atteinte au principe de libre exercice d'une activité professionnelle ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée en raison de l'incompétence de son auteure, de son insuffisante motivation, de l'existence d'un vice de procédure tenant à l'irrégularité de la lettre de convocation à un entretien préalable, de la méconnaissance par l'administration de son obligation de le reclasser, y compris avec son accord sur un emploi relevant d'une catégorie inférieure à la sienne.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2412995, enregistrée le 9 septembre 2024, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision susvisée.
Vu :
- le Décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat () relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. () Si cette décision prononce une () mesure entraînant une cessation d'activité, () la compétence est déterminée par le lieu de la dernière affectation de ce fonctionnaire ou agent ". Aux termes de l'article R. 522-8-1 du code précité : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. ".
3. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision en date du 17 juillet 2024 portant sur le licenciement pour impossibilité de réemploi suite à sa demande de congé pour mobilité, alors qu'il était en dernier lieu affecté à Paris, quand bien même son employeur aurait été situé à La Défense. Ainsi, en application des dispositions de l'article R. 312-2 du code de justice administrative, le litige ne relève pas de la compétence territoriale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise mais de celle du tribunal administratif de Paris.
4. Il suit de là que la requête de M. B doit être rejetée comme portée devant une juridiction territorialement incompétente pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.