Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412987
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 17 septembre 2024, Mme B C veuve A, représentée par Me Gorand, demande au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, d'une part, de la convoquer à un rendez-vous en préfecture aux fins, d'une part, d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour expirant le 22 septembre 2024 et, d'autre part, de lui délivrer un récépissé avec droit au séjour et au travail dans l'attente du renouvellement effectif de son titre et ce, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence de la mesure est avérée, dès lors qu'elle justifie avoir tenté à plusieurs reprises de se connecter au site de l'ANEF pour prendre un rendez-vous sans succès et s'être déplacé le
29 juillet 2024 en préfecture, que la préfecture qui en a accusé réception n'a jamais répondu à sa demande du 7 août 2024 ni à sa relance du 17 août 2024 et qu'enfin son titre de séjour actuel, dont elle ne dispose plus, expire le 22 septembre 2024 soit dans 13 jours ;
- l'utilité de la mesure d'injonction est utile ;
- la mesure sollicitée ne doit pas faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, veuve A, ressortissante de nationalité algérienne, née le 8 juillet 1952 à Bouzeguene en Algérie demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une part, de la convoquer à un rendez-vous en préfecture aux fins, d'une part, d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour expirant le 22 septembre 2024 et, d'autre part, de lui délivrer un récépissé avec droit au séjour et au travail dans l'attente du renouvellement effectif de son titre et ce, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Eu égard aux conséquences sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé.
5. En l'espèce, la requérante, arrivée en France en 1981, fait valoir, sans être utilement contesté en défense, que, depuis le mois de juin 2024, elle a tenté en vain de se connecter à plusieurs reprises sur la plateforme de l'ANEF pour obtenir un rendez-vous afin de renouveler son titre de séjour arrivant à expiration le 22 septembre 2024 et que, s'étant rendue à la sous-préfecture de Boulogne le 29 juillet 2024, un agent, auquel elle a remis son titre de séjour encore valide, a remis par erreur ce dernier à une tierce personne qui ne l'a pas rapporté. Par ailleurs, le 7 août 2024, elle a, par l'intermédiaire de son conseil, mis en vain en demeure la préfecture des Hauts-de-Seine de lui communiquer une convocation pour le renouvellement de son titre de séjour et de lui indiquer les mesures prises pour pallier la perte de son titre de séjour. Alors qu'eu égard à l'imminence de la fin de validité de son droit au séjour en France et aux conséquences qu'aura nécessairement cette situation sur son droit de se maintenir en France, ainsi qu'à l'âge de la requérante et à la durée de son séjour en France, qui caractérisent une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il y a lieu, alors qu'il n'apparaît pas que la mesure demandée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer la requérante à un rendez-vous en préfecture aux fins d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour expirant le 22 septembre 2024 et de lui délivrer un récépissé avec droit au séjour et au travail dans l'attente du renouvellement effectif de son titre, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais irrépétibles :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer la requérante à un rendez-vous en préfecture aux fins d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour expirant le 22 septembre 2024 et de lui délivrer un récépissé avec droit au séjour et au travail dans l'attente du renouvellement effectif de son titre, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'Etat versera à Mme C, veuve A, une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C, veuve A, est rejetée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C veuve A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait, à Cergy, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.