Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412994
vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412994 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2024, Mme A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision de refus prise par le préfet des Hauts-de-Seine en date du
16 juillet 2024 ;
2°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer une convocation en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour en qualité d'étudiant ou d'entrepreneur.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est établie dès lors que, alors que sa demande concerne un renouvellement de titre de séjour, elle est maintenue en situation irrégulière depuis mai 2021, circonstance qui la place dans une situation de vulnérabilité économique et sociale extrême ; elle risque de perdre ses clients actuels faute d'être en capacité de s'immatriculer auprès de l'URSSAF ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée tiré de ce que sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen attentif.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2413020, enregistrée le 10 septembre 2024, par laquelle M. A
demande l'annulation de la décision attaquée.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante chinoise, née le 28 juin 1995 à Henan en Chine, entrée sur le territoire français, le 12 décembre 2019, muni du visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " qui lui avait été délivré par le consulat de général de France à Chengdu le 11 septembre 2019, lequel est arrivé à expiration le 11 septembre 2020. Ce titre de séjour a été renouvelé le 20 janvier 2021 jusqu'au 19 mai 2021. Le 13 juin 2024, Mme A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", laquelle a été classée sans suite motif pris de ce qu'elle était titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 19 mai 2021. Un nouveau classement sans suite a été opposé à la demande identique déposée le 15 juin 2024. Par un courriel en date du 18 juin 2024, il a été indiqué à la requérante que la durée de validité de son titre de séjour portant la mention " étudiant " ayant expiré depuis le 20 janvier 2021, elle ne dispose plus du statut d'étudiant et, par un autre courriel en date du 16 juillet 2024, il lui a été indiqué que, compte tenu de l'expiration de la durée de validité de son précédent titre de séjour, il lui était loisible de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, Mme A doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision de refus prise par le préfet des Hauts-de-Seine en date du 16 juillet 2024 et demandant au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " ou " salarié ", en fonction de sa situation à cette date.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, une demande en référé notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée globalement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les dossiers déposés par Mme A les 13 et 15 juin 2024, tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", se sont vus opposer deux décisions de classement sans suite au motif, explicité clairement par un dernier courriel en date du 16 juillet 2024 à 12 heures 26 émanant de la plateforme " pref-bse@hauts-de-seine.gouv.fr ", qu'au regard de l'expiration, le 19 mai 2021, du titre de séjour portant la mention " étudiant " dont elle était titulaire, l'intéressée ne pouvait en demander le renouvellement en 2024, mais devait présenter une demande d'admission exceptionnelle au séjour. En l'état du dossier, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas soutenu que Mme A aurait déposé un nouveau dossier de demande de délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, alors que ces classements sans suite caractérisent des décisions successives de refus d'enregistrement de la demande de la requérante au motif de l'expiration en 2021 de son titre de séjour, la requérante ne saurait être regardée comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Cergy, le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2412994