vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413076 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOURDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 11, 24 et 26 septembre 2024 respectivement, Mme A B, représentée par Me Brengarth, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n° 2408397, en date du 31 juillet 2024, par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, plus précisément son article 2, par une nouvelle injonction tendant à accorder à Mme B le bénéfice de la protection fonctionnelle à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme forfaitaire de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que l'administration entend manifestement ne pas lui accorder la protection fonctionnelle alors qu'elle était tenue de lui octroyer ce bénéfice selon les termes de l'article 2 de l'ordonnance n° 2408397 du 31 juillet 2024.
Par un mémoire en défense, enregistrée le 26 septembre 2024, le ministre du travail et de l'emploi conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis fin, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, aux mesures ordonnées par l'ordonnance n°2408397 du 31 juillet 2024.
Vu :
- l'ordonnance n° 2408397, en date du 31 juillet 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 27 septembre 2024 à
10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M Lamy, juge des référés ;
- et les observations de Me Brenghart substituant Me Bourdon, représentant Mme B ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2408397, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision du 7 mai 2024 par laquelle la ministre du travail, de la santé et des solidarités a refusé à Mme B le bénéfice de la protection fonctionnelle et a enjoint à la ministre de lui accorder le bénéfice de ladite protection dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance. Par la présente requête, Mme B saisit le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, et lui demande de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n°2408397 en date du 31 juillet 2024 par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une nouvelle injonction tendant à l'octroi de la protection fonctionnelle dans un délai de trois jours ouvrables à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
3. D'une part, les décisions du juge des référés statuant en application de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative sont, conformément au principe rappelé à l'article
L. 11 du code de justice administrative, exécutoires en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice.
4. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 dudit code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code précité, de compléter ou de modifier la décision demeurée sans effet. L'inexécution d'une décision juridictionnelle présente le caractère d'un " élément nouveau " au sens des dispositions de ce dernier article.
5. Il est constant que, par un jugement n° 2012164 en date du 28 septembre 2023, devenu définitif, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision implicite par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a rejeté la demande de protection de Mme B et a enjoint à ce dernier de lui octroyer. Par ailleurs, par une ordonnance n°2408397 du 31 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint, après avoir constaté le refus d'exécuter le jugement du 28 septembre 2023, révélé par un courrier du 7 mai 2024, au ministre d'accorder à titre provisoire à la requérante le bénéfice de la protection fonctionnelle dans un délai de 15 jours à compter de sa notification. Il n'est pas contesté par l'administration refuse de l'exécuter. Toutefois, alors que l'article 2 de l'ordonnance ne peut être regardé que comme enjoignant à l'administration d'exécuter le jugement en date du 28 septembre 2023 en accordant, fut-ce provisoirement, à Mme B le bénéfice de la protection fonctionnelle, l'autorité de la chose jugée définitivement par ce jugement impose à l'administration de l'exécuter et fait obstacle, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du ministre du travail, de la santé et des solidarités tendant à ce qu'il soit mis fin aux mesures décidées par l'ordonnance n°2408397 du 31 juillet 2024. Compte tenu de l'ensemble de ce qui vient d'être dit, alors que l'inexécution susmentionnée est constitutive d'un élément nouveau au sens des dispositions des articles L. 521-4 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au ministre du travail, de la santé et des solidarités de procéder à l'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle à Mme A B, dès notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
6.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'injonction prévue à l'article 2 de l'ordonnance n° 2408397 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en date du 31 juillet 2024, faisant obligation au ministre du travail, de la santé et des solidarité d'accorder le bénéfice de protection fonctionnelle à Mme A B est complétée de la manière suivante : il est enjoint au ministre du travail, de la santé et des solidarité d'accorder le bénéfice de protection fonctionnelle à Mme A B dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance n° 2413076, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A B une somme de 2500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions du ministre du travail, de la santé et des solidarités tendant à ce qu'il soit mis fin aux mesures décidées par l'ordonnance n° 2408397 du 31 juillet 2024 sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Fait à Cergy, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026