Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413091
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413091 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme E B, M. C F, et leurs enfants M. D et Mme A F, représentés par Me Sangue, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui fournir les conditions matérielles d'accueil et de proposer un hébergement à Madame B, Monsieur F et leurs enfants mineurs sans délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1500 euros à verser à leur conseil au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut, de leur verser la même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'ils demeurent sans possibilité d'hébergement, alors que leur fille mineure est demandeuse d'asile, et qu'il ne dispose d'aucune ressource leur permettant de se vêtir, se nourrir et vivre dans des conditions minimales de décence ;
- le refus de leur accorder un hébergement porte une atteinte grave au droit d'asile et à l'intérêt supérieur de son enfant ;
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui fournir les conditions matérielles d'accueil et de leur proposer un hébergement sans délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, les requérants font valoir qu'ils demeurent sans possibilité d'hébergement, alors que leur fille mineure est demandeuse d'asile, et qu'il ne dispose d'aucune ressource leur permettant de se vêtir, se nourrir et vivre dans des conditions minimales de décence. Toutefois, en l'état de l'instruction, alors qu'il produise une fiche d'évaluation de leur vulnérabilité en date du 3 septembre 2024, ces circonstances ne sauraient être regardées comme justifiant de l'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
4. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, il n'y a pas lieu de faire droit, en l'espèce, aux conclusions tendant à l'admission des requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et à ce qu'il soit mis à la charge de l'OFII une somme de 1500 euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E B, M. C F, et leurs enfants M. D et Mme A F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E B, M. C F, et leurs enfants M. D et Mme A F.
Copie en sera adressé au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Cergy, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.