Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413160
lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme A B, représenté par Me Samba, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de prendre toutes mesures qu'il estimera utiles afin de faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers sollicitant un récépissé suite à une demande de renouvellement de titre de séjour, la rupture de la continuité du service public, les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant obtenir une attestation de prolongation d'instruction (récépissé) ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de 15 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, afin qu'elle puisse obtenir un récépissé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.000 euros au titre de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est placée dans une situation de précarité en raison de l'absence de récépissé et que les conditions de traitement des dossiers par la préfecture du Val-d'Oise conduisent les étrangers à ne pas pouvoir obtenir le renouvellement de leur titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête en soutenant que l'état de la procédure ne lui permet pas de délivrer à ce stade le récépissé qu'elle sollicite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, Vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé, le 27 août 2024, une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Alors la préfecture a enclenché la procédure tendant à l'examen de la demande de l'intéressée, le préfet du Val-d'Oise fait valoir qu'il est dans l'attente l'indication par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de la bonne réception du protocole médical mis en place le jour même et, après examen des pièces médicales que doit transmettre la requérante à ce même OFII, de la rédaction du rapport médical du médecin de l'office. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et eu égard notamment au caractère très récent de la demande de titre de séjour à la date de la présente ordonnance et au délai d'instruction nécessaire à son examen, les mesures demandées ne sauraient être regardées comme présentant un caractère d'urgence et d'utilité au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il suit de là qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 23 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.