Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413165

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413165
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantUHRY D'ORIA GRENIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a fait droit à la demande de l'établissement public Paris La Défense sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Cette décision ordonne une expertise avant travaux pour dresser un état des lieux des immeubles et ouvrages situés à proximité du projet de réaménagement de l'esplanade de la Défense (Parc de la Défense) à Puteaux et Courbevoie. L'expert désigné devra constater l'état initial des biens susceptibles d'être affectés, puis, pendant toute la durée des travaux (prévus de décembre 2024 à 2028), identifier l'origine et l'étendue des éventuels dommages. La solution retenue vise à prévenir et documenter d'éventuels litiges futurs liés à ces travaux publics.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024, l'établissement public local Paris la Défense, représenté par Me Desclozeaux, demande au juge des référés du tribunal d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, afin d'apprécier l'état actuel et à venir des immeubles et ouvrages susceptibles d'être affectés par le projet de réaménagement des espaces publics de l'esplanade de la Défense, dénommé Parc de la Défense, à Puteaux (92800) et Courbevoie (92400).

Il soutient que :

- dans le cadre du projet du Parc de l'esplanade de la Défense sur un périmètre de 5 hectares et de 600 mètres de long entre la fontaine Agam et le bassin Takis, des travaux de réaménagement des espaces publics sont prévus de décembre 2024 à courant 2028 ;

- la mesure d'expertise est utile dans l'hypothèse d'un litige relatif à un dommage survenu pendant l'opération ;

- la mesure d'expertise est urgente, dès lors que la phase préparatoire des travaux est prévue pour le mois d'octobre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Le président de la juridiction ou, au Conseil d'État, le président de la section du contentieux fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12. ".

2. L'expertise demandée par l'établissement public local Paris la Défense présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B A, exerçant 24 rue du Gouverneur Général Eboué à Issy les Moulineaux (92130), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

- se rendre sur le site de l'opération de travaux publics selon la localisation indiquée par le requérant, esplanade de la Défense à Puteaux (92800) et Courbevoie (92400) ;

- se faire communiquer tous documents ou pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre toute personne intéressée par les éventuels dommages ;

- dresser un état descriptif avant travaux des immeubles, voies et trottoirs, réseaux, ouvrages publics ou autres éléments de construction appartenant aux voisins du site de l'opération de travaux publics concernée ;

- dire s'il existe des désordres avant et pendant les travaux et, dans l'affirmative, les recenser, les décrire et préciser si, à son avis, ces désordres et dégradations sont inhérents à leurs fondations, leur construction, à la nature du sol et du sous-sol sur lesquels ils reposent, à leur structure ou à leur état de vétusté ;

- déterminer, le cas échéant, l'origine et l'étendue des dommages qui seraient susceptibles de survenir aux immeubles, ouvrages ou biens au cours de l'opération des travaux de réaménagement de l'esplanade de la Défense ;

- en cas d'aggravation des désordres constatés ou d'apparition de nouveaux désordres pendant les travaux, en préciser la cause et dire s'ils peuvent résulter des travaux objet de la présente expertise ;

- dire, en cas de danger réel et d'urgence constatée, si, à son avis, il convient de mettre en place des mesures de sauvegarde pour éviter l'aggravation des désordres et permettre le déroulement et la poursuite des travaux dans les meilleures conditions techniques possibles ;

- d'une façon générale, recueillir tous éléments techniques et de fait et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis en cas de saisine au fond de la juridiction.

L'expert restera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux.

Article 2 : En conformité avec les dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, l'expert déposera dans les meilleurs délais un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Il déposera par la suite un ou des rapports lors de la phase de recherche des causes éventuelles de dommages au cours ou à l'achèvement des travaux.

Article 3 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de l'établissement public local Paris la Défense, de la société Euro Ariane, de la société Galilée-Défense, de l'OPH Rives de Seine Habitat, de la société AGF Allianz France, de la société Union Investissement Real Estate, de la société Union Investissement Real Estate France, de la société Covivio, de la société Loiselet et Daigremont Paris Est, de la société CNP assurances, de la société Atrium Gestion, de la société Caam Real Estate Amundi Immobilier, de la société BNP Paribas Real Estate, de la société JC Decaux Holding, de la direction interdépartementale des routes d'Île-de-France et de la société RATP.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'établissement public local Paris la Défense, à la société JC Decaux Holding, à la direction interdépartementale des routes d'Île-de-France, à la société RATP et à M. B A, expert.

Article 5 : En application de l'article R. 532-1-1 et par dérogation à l'article R. 751-3, il appartient à l'établissement public local Paris la Défense de notifier cette ordonnance aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages.

Fait à Cergy-Pontoise, le 20 septembre 2024.

La juge des référés,

Signé

C. Grenier

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.