Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413229
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413229 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024, Mme A B demande à la juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse obtenir un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 72 heures.
Elle soutient qu'elle est entrée en France en 2010 et a obtenu son premier titre de séjour en 2013. Elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour en juillet 2024, demande qu'elle a complétée. Depuis, elle n'a reçu aucune nouvelle de la préfecture et craint de se retrouver en situation irrégulière de séjour alors que son titre de séjour actuel expire en octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B, ressortissante algérienne née le 11 octobre 1993, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de la convoquer en préfecture qu'elle puisse obtenir un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte de ces dispositions que, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
4. Mme B soutient être entrée en France en 2010 et avoir obtenu son premier titre de séjour en 2013. Elle expose avoir obtenu le renouvellement de son titre de séjour sans discontinuer depuis lors et avoir présenté, le 8 juillet 2024, une dernière demande de renouvellement de ce titre. A la suite de ce dépôt, elle a reçu un courrier daté du 17 juillet 2024, par lequel la préfecture du Val-d'Oise, accusant réception de sa demande, lui a demandé de produire, dans un délai de huit jours, la copie de ses trois derniers avis d'imposition sur le revenu, documents que la requérante soutient avoir déposé, dans la boîte aux lettres de la préfecture, le lendemain. Selon la requérante, son dossier serait " bloqué " depuis lors, malgré ses relances et ses appels, ce qui expliquerait qu'elle n'ait reçu aucun accusé réception des pièces complémentaires déposées, ni aucun récépissé de sa demande de titre de séjour en bonne et due forme. Mme B expose qu'elle craint de se retrouver " comme l'année dernière " en situation irrégulière sans carte de séjour, ni récépissé pendant quatre mois alors que son titre de séjour actuel expire le 17 octobre 2024 et qu'elle travaille, a un bébé à charge et a besoin d'un document de séjour pour conserver le bénéfice de ses droits sociaux.
5. Toutefois, et ainsi qu'il vient d'être rappelé, Mme B est titulaire d'un titre de séjour, valable jusqu'au 17 octobre 2024, qui lui assure donc la continuité de ses droits sociaux jusqu'à cette date. En outre, aucune pièce du dossier ne vient attester d'un " blocage " de sa situation administrative alors même que la requérante ne se serait pas vu remettre d'accusé réception à la suite du dépôt, au cours de l'été mais à une date non démontrée, des pièces complémentaires dont la préfecture lui avait demandé la production. Ainsi, et alors qu'il n'entre pas dans l'office du juge du référé " mesures utiles " d'adresser à titre préventif des injonctions à l'administration, en l'état de l'instruction, la condition d'utilité des mesures demandées, exigée par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. La présente ordonnance ne fait pas obstacle à ce que Mme B, si elle s'y croit fondée, sollicite de nouveau, ultérieurement, l'intervention du juge des référés par une nouvelle requête fondée sur les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative démontrant l'urgence à statuer et la situation de blocage administratif alléguée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 20 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.