Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413252
mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Molotoala, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de 3 mois à compter de la notification à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, à charge pour elle de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat dans la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ;
Elle soutient que :
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que du fait de l'inertie de l'administration et de son dysfonctionnement, elle se trouve dans l'impossibilité de se voir délivrer un récépissé et ce depuis un délai anormalement long, qu'elle se trouve ainsi dans une situation de précarité extrême du fait qu'elle ne puisse pas exercer une activité professionnelle pérenne ou s'inscrire à une formation professionnelle la privant ainsi de ressources financières essentielles étant donné qu'elle a la charge de ses deux enfants résidant avec elle, qu'elle se trouve dans l'impossibilité de déposer de demandes de logement social étant donné qu'elle ne peut pas démontrer de la régularité de son séjour.
Par un mémoire, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine informe le tribunal qu'il a fixé un rendez-vous à la requérante le 9 octobre 2024 afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante marocaine, née le 17 février 1990 à Arbaa Resmouka (Maroc), est entrée régulièrement sur le territoire français le 9 février 2017 avec un titre de séjour espagnol pour rejoindre son époux titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 11 août 2021 au 10 août 2025. Le couple a deux enfants scolarisés en France. Le 25 octobre 2022, elle a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de parents d'enfants scolarisés, sa demande est toujours en cours d'instruction, elle a tenté de contacter la préfecture de nombreuses fois sans pouvoir obtenir de récépissé lui permettant de travailler et de sortir de l'espace Schengen. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et de statuer sur sa demande de titre de séjour.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
6. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
7. Par un courrier en date du 19 septembre 2024 adressé à la requérante, postérieur à la date d'introduction de la requête, le sous-préfet d'Antony l'a informé de ce qu'il lui fixait un rendez-vous le 9 octobre 2024 à 9h00 à fin de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction de la requête sont, à la date de la présente ordonnance dépourvues d'objet. Il y a lieu en conséquence de constater un non-lieu à statuer à ce ce titre.
Sur les frais irrépétibles :
8. dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Molotoala en application des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat dans la mission d'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en injonction de la requête de Mme B.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à verser à Me Molotoala en application des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat dans la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 25 septembre 2024
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.