Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413283

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413283
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet du Val-d'Oise clôturant la demande de titre de séjour de M. A. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant, qui avait formulé une nouvelle demande de titre de séjour, ne justifiait pas de circonstances particulières établissant une atteinte grave et immédiate à sa situation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative relatives au référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Cardoso, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a clôturé sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre le préfet du Val-d'Oise, de procéder à l'examen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros hors taxes en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et, à défaut, de lui verser directement.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision contestée emporte des conséquences sur sa situation administrative, le plaçant en situation irrégulière sur le territoire français, alors que la délivrance de son titre de séjour est de plein droit, et qu'il est exposé à une situation de précarité économique, faute d'une autorisation de travail alors qu'il dispose d'une promesse d'embauche ; qu'en outre, l'obligation de quitter le territoire dont il a été notifié le prive du bénéfice d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français et de parent d'enfant français ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense et une pièce complémentaire, enregistrés le 27 septembre 2024, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête et soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2413275, enregistrée le 16 septembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 30 septembre 2024 à

10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;

- les observations de Me Cardoso, représentant M. A, qui conclut en outre à ce que ce dernier soit admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 13 juin 1996 à Rufisque au Sénégal, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de clôture non-datée de sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcé la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A fait valoir qu'il a fait une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français le 6 octobre 2023 et que, cette demande ayant fait l'objet d'une clôture, il est dans l'impossibilité d'honorer sa promesse d'embauche, faute de régularité de séjour, la prise de poste est effective à compter du 4 novembre 2024. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du mémoire en défense du préfet du Val d'Oise qu'au-delà de la question du bien-fondé de la décision de clôture litigieuse fondée sur le fait qu'il aurait déposé sa demande dans une rubrique ne correspondant pas à sa situation, que, l'administration l'aurait convié du 23 septembre 2024 à déposer sur l'ANEF une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de " membre de famille de français " en vue de son traitement prioritaire. Il suit de là, alors que le requérant ne soutient ni même n'allègue avoir effectué cette démarche, que la situation de M. A ne caractérise pas une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là qu'en l'état, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copies-en sera adressée au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.