Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413303
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413303 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. B A C, représenté par Me Sauvadet, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre le préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer, par tout moyen, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, en ce qu'en l'absence d'un titre de séjour renouvelé, il risque de perdre son emploi et par conséquent, il ne pourra plus rembourser les divers crédits qu'il a contracté avec son épouse et s'exposera, le cas échéant, à des poursuites ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit au travail et à sa liberté professionnelle, en ce qu'il est dans l'impossibilité d'obtenir le renouvellement de son récépissé de demande de renouvellement titre de séjour et par conséquent, qu'il ne peut plus justifier de la régularité de sa situation administrative auprès de son employeur risquant la perte de son emploi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant congolais né le 27 octobre 1991 au Kinshasa au Congo, est entré en France à l'âge de 9 ans le 25 juillet 2001 selon ses déclarations. Il est titulaire d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour valable du 17 juin 2024 au 16 septembre 2024. Il en a sollicité le renouvellement 14 août 2024, sans obtenir de réponses de la part des services de la préfecture. Son employeur l'a informé qu'en l'absence d'un de tout document de séjour valide après le 16 septembre 2024, il ne pourrait se présenter sur son lieu de travail. Par la présente requête, M. A C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, M. A C fait valoir qu'en l'absence d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour à compter du 17 septembre 2024, il est dans l'impossibilité de se présenter à son lieu de travail pour exercer son activité professionnelle. Il produit un courriel du 30 août 2024 de la référente RH de la direction des ressources humaines du groupe Société Générale l'informant de la nécessité de transmettre tout document de séjour valide. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une convocation par son employeur lui indiquant la suspension de son contrat en cas de défaut de preuve de la régularité de son séjour. Par ailleurs, l'intéressé soutient que la perte de son emploi entraîne des conséquences graves sur sa situation personnelle et économique, ce dernier devant rembourser divers emprunts. Toutefois, ces circonstances ne sont pas, à elles seules, et alors qu'aucune procédure de licenciement n'a été initiée à ce jour à l'encontre du requérant, de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. En outre, si son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour expire le 16 septembre 2024, il ressort des pièces du dossier que les services de la préfecture ont transféré sa demande dans le secteur concerné le 4 septembre 2024. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, y compris celles liées aux frais du litige, la requête de M. A C.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C.
Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine
Fait à Cergy, le 17 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.