Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413344
mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413344 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, Mme A B, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre le préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer, un récépissé ou une attestation de prolongation de séjour dans les plus brefs délais, par tout moyen pour la rétablir dans ses droits ;
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, en ce que, malgré sa diligence, son titre de séjour est arrivé à expiration en date du 2 septembre 2024, qu'il lui est impossible de contacter les services de l'ANEF et qu'en l'absence d'un titre de séjour renouvelé, elle risque de perdre une opportunité professionnelle ce qui aurait un impact grave sur sa situation financière, personnelle et sur sa santé mentale ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travailler, et au principe de dignité humaine, en ce qu'elle ne peut justifier de la régularité de sa situation administrative auprès de son futur employeur et ce que cela nuira également à sa formation professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante congolaise (République du Congo) née le 13 décembre 2002, est entrée en France munie d'un visa de long séjour " étudiant " valable du 3 septembre 2023 au 2 septembre 2024. Elle a déposé le 4 juillet 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement du titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, Mme B fait valoir qu'elle doit débuter une alternance le 1er octobre 2024 et qu'elle risque de perdre cette opportunité professionnelle si elle n'est pas en mesure de communiquer à son futur employeur un document prouvant la régularité de sa situation administrative. Pour justifier de ce risque imminent, l'intéressée se borne à produire un courriel en date 14 août 2024 dans lequel son futur employeur l'informe de la nécessité de transmettre une preuve de la régularité de son séjour. Elle soutient également que la perte de son emploi entraîne des conséquences graves sur sa situation personnelle et professionnelle. Toutefois, ces circonstances ne sont pas, à elles seules, et alors qu'au surplus aucune procédure de licenciement ne paraît été initiée à ce jour à l'encontre du requérant, de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Dans ces conditions, Mme B ne justifie pas de l'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter dans toutes ses conclusions la requête de Mme B.
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O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine
Fait à Cergy, le 18 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.