Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413361

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413361
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A, ressortissant bulgare, qui sollicitait le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour. Le juge estime que la requête est dépourvue d'utilité et d'urgence, car en tant que citoyen de l'Union européenne, M. A n'est pas tenu de détenir un titre de séjour ou une autorisation de travail pour résider et travailler en France, conformément aux articles L. 231-1 et L. 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B A, représenté par

Me Womassom Tchuangou, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour, dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors que le renouvellement de son récépissé lui permettra de continuer l'exercice de son activité professionnelle ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouve en situation irrégulière et que cela emporte des conséquences sur son droit à se maintenir en France et à y travailler, qu'il risque de perdre son emploi actuel.

Par une mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet des

Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient que la requête est dépourvue d'utilité et d'urgence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bulgare, né le 18 décembre 1992 à Tizi-Ouzou en Algérie, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui renouveler son récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Il résulte de l'instruction que l'intéressé est arrivé en France en 2018 et qu'il avait sollicité une première demande de titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne, en date du 9 septembre 2021, il s'était vu remettre un récépissé le 24 octobre 2022 qui était valable jusqu'au 23 avril 2023. Il a déposé une demande de renouvellement, le 20 avril 2023, avant l'expiration de ce récépissé, mais fait valoir qu'il n'a reçu aucune réponse depuis cette date de la part des services de la préfecture. Toutefois, alors que le requérant affirme qu'il encourt un risque imminent de perdre son emploi en tant que serveur, le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir, outre le fait que le requérant n'a fait aucune démarche depuis le 23 avril 2023 pour renouveler son récépissé, ce dernier, en tant que citoyen de l'union européenne, n'est pas obligé de détenir un titre de séjour ou solliciter une autorisation de travail pour résider et travailler en France conformément aux dispositions des articles L 231-1 et L 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, la requête de A ne présente aucun caractère d'utilité ou d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administratif. Il y a lieu en conséquence de la rejeter dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur.

Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 27 septembre 2024

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.