vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | HATEGEKIMANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé de son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient souhaiter rester en France auprès de sa conjointe enceinte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise confirme la décision attaquée et communique les pièces constitutives du dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Louvel, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 :
- le rapport de M. Louvel, magistrat désigné ;
- les observations de Me Hategekimana, avocat désigné d'office représentant
M. A, qui conclut aux mêmes fins et à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. A. Il fait valoir que la conjointe de M. A a accouché le 15 septembre 2024.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Des pièces, enregistrées le 3 octobre 2024, ont été produites pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 22 décembre 1995, a déposé, le 9 juillet 2024, une demande d'asile en France. Toutefois, la consultation du fichier " Eurodac " a révélé que les empreintes de l'intéressé ont été relevées par les autorités espagnoles le 30 mai 2021. Saisies le 10 juillet 2024, les autorités espagnoles ont accepté, par une décision implicite du 11 septembre 2024, de prendre en charge M. A sur le fondement de l'article 13.1 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Par un arrêté du 12 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise a décidé de son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. ". La faculté ainsi laissée à chaque Etat membre, par ces dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
3. En faisant valoir qu'il vit en concubinage avec une compatriote également demandeuse d'asile et que celle-ci est actuellement enceinte, M. A doit être regardé comme invoquant le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire usage de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées. Toutefois, la circonstance invoquée par le requérant ne saurait suffire à déroger au critère de détermination de l'État responsable de l'examen de sa demande d'asile, dès lors que le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 qui a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, ne leur permet toutefois pas de choisir, parmi les États membres, celui qui sera responsable de cet examen. Par ailleurs, le requérant n'apporte aucun élément permettant d'apprécier la réalité et l'ancienneté de la relation de concubinage avec une compatriote dont il entend se prévaloir. De même, si
M. A invoque le fait que sa concubine a accouché le 15 septembre 2024, cette circonstance est en tout état de cause postérieure à la date de la décision attaquée, alors qu'en outre, il a déclaré lors de son entretien individuel à la préfecture du Val-d'Oise être également le père d'une fille résidant en Côte-d'Ivoire. Enfin, le requérant n'apporte aucun élément susceptible de laisser penser que sa demande pourrait ne pas être traitée par les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que l'Espagne est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 du règlement précité. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
T. Louvel La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026