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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2413435

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413435

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413435
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP MONNOT - CALLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, Mme C B D, représentée par Me Callet, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à l'Institut National de la Propriété Industrielle d'enregistrer sa déclaration de la cessation totale, à compter du 5 juin 2023, de son activité d'agent commercial non salarié pour laquelle elle est inscrite au tribunal de commerce de Paris sous le numéro 918 095 845, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de

500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Institut National de la Propriété Industrielle la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, non compris dans les dépens.

Elle soutient que l'institut national de la propriété industrielle n'a pris aucune mesure, malgré ses relances et une mise en demeure de son conseil, pour procéder à la cessation de son activité commerciale, lui causant un préjudice sur sa situation ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B D a sollicité auprès de l'INPI une démarche de cessation totale de son activité commerciale le 5 juin 2023, qui s'est soldée d'une erreur sur son lieu de naissance. Elle a effectué des démarches par des courriels, courriers et une mise en demeure pour corriger cette erreur et procéder à l'enregistrement de sa demande. Par la présente requête, Mme B D demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre l'INPI de procéder à l'enregistrement de sa demande de cessation totale de son activité.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prononcer toute mesure à l'égard de l'administration à condition que l'urgence le justifie, qu'elle soit utile, qu'elle ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B D a sollicité à de nombreuses reprises l'INPI depuis le 5 juin 2023 pour procéder à l'enregistrement de la cessation totale de son activité et corriger l'erreur administrative sur son lieu de naissance par des courriels envoyés le

29 janvier 2024 et le 20 mars 2024, un courrier en recommandé avec accusé de réception adressé à l'INPI le 2 avril 2024 puis une mise en demeure par son conseil adressé par courrier le 11 avril 2024. Alors qu'eu égard l'erreur administrative sur son lieu de naissance, l'absence d'enregistrement de sa demande de cessation totale est de nature à placer la requérante dans une situation urgente au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au regard des courriers adressés par l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSAFF) chaque mois pour lui signifier l'obligation de déclarer son chiffre d'affaire, justifiant dès lors l'utilité de la mesure sollicitée. Il y a lieu, alors qu'il n'apparaît pas que la mesure demandée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, d'enjoindre à l'institut national de la propriété industrielle de procéder à l'enregistrement de sa demande de cessation totale, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais irrépétibles :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Institut national de la propriété industrielle une somme de 1000 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à l'institut national de la propriété industrielle de procéder à sa demande d'enregistrement de cessation totale de son activité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Institut national de la propriété industrielle versera à Mme B D, veuve A, une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B D est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B D et à l'institut national de la propriété industrielle.

Fait à Cergy, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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