Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413437
vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. A C demande au Tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 17 septembre 2024, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son transfert aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Le requérant fait valoir qu'il veut rester en France, dès lors qu'il est atteint du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), qu'il est soigné en France et qu'il ne pourra pas être correctement pris en charge en Croatie.
Le préfet des Hauts-de-Seine a transmis des pièces, enregistrées le 25 septembre 2024, et fait valoir que cette requête n'appelait aucune observation de sa part.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Prost, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais né le 14 octobre 1988, a demandé l'asile en France le 30 juillet 2024. Concomitamment à l'introduction de sa demande d'asile, la consultation du fichier " Eurodac " a révélé que l'intéressé avait précédemment présenté une demande d'asile auprès des autorités croates. Une demande de reprise en charge a, par conséquent, été adressée à ces autorités, le 13 août 2024. Les autorités croates ont donné leur accord le 27 août 2024. Par la présente requête, le requérant demande au Tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 17 septembre 2024, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son transfert aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
2. Aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".
3. Le requérant fait valoir qu'il souhaite se maintenir sur le territoire français aux motifs qu'il est atteint du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et qu'il bénéficie en France de soins dont il ne pourrait pas bénéficier en Croatie. Toutefois, alors que l'intéressé n'établit ni la gravité de son état de santé, ni sa charge virale, aucun des documents produits par M. C ne permet d'établir qu'une telle prise en charge serait inenvisageable en Croatie, ni que le transfert de l'intéressé dans ce pays romprait la continuité du traitement dont il dit bénéficier, au demeurant, de manière récente. Dans ces conditions, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'un transfert vers les autorités croates entraînerait, par lui-même, un risque réel d'aggravation significative et irrémédiable de l'état de santé de l'intéressé. En outre, M. C n'établit pas que sa demande d'asile ne serait pas examinée dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, ni qu'il existerait des défaillances systématiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Croatie. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 précité.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F.-X. Prost
La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.