Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413602

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413602
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A qui contestait son expulsion et demandait des mesures de sauvegarde de ses libertés fondamentales. Le juge constate que l'expulsion litigieuse ne résulte pas d'une décision administrative ni du concours de la force publique, mais d'une action de commissaires de justice privés. En conséquence, la requête ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, ce qui conduit à son rejet par ordonnance en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, M. A doit être regardé comme demandant à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre aux commissaires de justice de la SARL Leroi et Associés, qui ont procédé le 19 septembre 2024 à l'expulsion illégale de son logement sis 4 avenue des Fonds Maréchaux à Vaucresson (Hauts-de-Seine), de retirer la porte anti-squat et le système d'alarme, de remplacer les serrures forcées et de permettre son relogement dans son lieu de vie.

Il soutient que :

- cette expulsion, réalisée alors qu'il était en consultation médicale à l'hôpital Cochin (Paris) et qu'il est victime de harcèlement, est illégale dès lors qu'il est propriétaire de son logement ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne et à son droit de propriété.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ne résulte pas de l'instruction que l'expulsion dont M. A indique avoir été victime procéderait d'une décision administrative ou aurait requis le concours de la force publique pour son exécution à la suite d'une décision de justice. La requête de M. A, présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne relève donc manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, elle doit être rejetée selon la procédure prévue les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 23 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.