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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2413667

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413667

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413667
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème Chambre
Avocat requérantAHMAD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. C..., ressortissant bangladais, qui demandait l’annulation de l’arrêté du préfet de police de Paris du 23 août 2024 l’obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte, en raison d’une délégation de signature régulière. Il a également rejeté le moyen fondé sur l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, faute pour le requérant d’établir des risques personnels et actuels en cas de retour au Bangladesh.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2024, M. A... C..., représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 23 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation.

Il soutient que :
- l’arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- la décision fixant le pays de destination méconnait l’article L. 513-2 « al. 5 » du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. C... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2025

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Bories, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
M. C..., ressortissant bangladais né le 1er septembre 2002, déclare être entré en France en 2023. Il a présenté une demande d’asile qui a été rejetée par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 11 août 2023, notifiée le 23 août 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) du 2 avril 2024, notifiée le 13 mars 2024. Par un arrêté du 23 août 2024, dont M. C... demande l’annulation, le préfet de police de Paris l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00924 du 8 juillet 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de police a donné à Mme B... D..., attachée d’administration de l’État, délégation à l’effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d’absence ou d’empêchement d’autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu’elles n’ont pas été absentes ou empêchées à la date de signature de l’arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.

En second lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Aux termes de l’article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « (…) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ».

Si le requérant soutient que des circonstances nouvelles, postérieures au rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA et la CNDA en 2023 et 2024, font obstacle à son retour dans son pays d’origine, où sa vie serait menacée, il n’indique pas lesquelles et ne verse au dossier aucune pièce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des textes précités doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. C... doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d’injonction.


D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l’audience du 7 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
M. Ablard, président,
M. Dufresne, premier conseiller,
M. Bories, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2026.


Le rapporteur,

signé

A. BoriesLe président,

signé

T. Ablard

La greffière,

signé

M-J. Ambroise


La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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