Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413705
mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413705 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°)d'enjoindre au sous-préfet d'Argenteuil de lui délivrer une convocation afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour et de fixer ce rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'en ne parvenant pas à déposer son dossier de demande de titre de séjour, en dépit des démarches qu'il a entreprises, il se retrouve plongé dans une situation précaire anormalement longue et exposé au risque d'être éloigné du territoire français et ce, en méconnaissance du droit élémentaire des étrangers de voir leurs demandes de titre de séjour examinées dans un temps raisonnable et de se voir remettre un récépissé le temps de cet examen ;
-la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
-la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour en raison des dysfonctionnements du système de dématérialisation des prises de rendez-vous mis en place par les préfectures, notamment par la sous-préfecture d'Argenteuil, et de l'absence d'alternative proposée à la prise de rendez-vous par Internet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant gabonais né le 30 septembre 1992, fait valoir qu'il a été reçu le 8 août 2024 à la sous-préfecture d'Argenteuil (Val-d'Oise) afin d'y déposer une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français mais que l'agent qui l'a reçu a alors refusé d'instruire son dossier au motif que sa demande relèverait vraisemblablement de l'admission exceptionnelle au séjour. M. B fait valoir que, depuis cette date, il tente, en vain, d'obtenir un nouveau rendez-vous auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil. Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'autre part, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que la demande de M. B tendrait au dépôt d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour qui lui aurait été précédemment délivré. D'autre part, en se bornant à faire valoir que, faute d'obtenir un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, il se retrouve plongé dans une situation précaire anormalement longue et exposé au risque d'être éloigné du territoire français, le requérant ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement un tel rendez-vous. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B doivent être rejetées par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code, le requérant ne justifiant au demeurant pas des frais qu'il aurait engagés dans le cadre de la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.