Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413832
mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnait la convention de Genève de 1951.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grenier, première vice-présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grenier, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 10 octobre 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 3 mai 1972, est entré irrégulièrement en France en 2024. Il a déposé une demande d'asile en France le 13 août 2024. La consultation du fichier Eurodac a révélé que ses empreintes avaient été relevées par les autorités croates. Le préfet a sollicité les autorités croates, le 14 août 2024. Les autorités croates ont fait connaître leur accord le 27 août 2024. À la suite de cet accord, le préfet du Val-d'Oise a, par un arrêté du 13 septembre 2024, décidé de transférer M. B aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
3. M. B soutient qu'il encourt un risque de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, l'arrêté attaqué, procédant à son transfert en Croatie en vue de l'examen de sa demande d'asile, n'a ni pour objet, ni pour effet de le renvoyer dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
4. En second lieu, M. B ne saurait utilement soutenir que l'arrête attaqué méconnait les stipulations de la convention de Genève de 1951, dès lors que cet arrêté a pour objet son transfert en Croatie en vue de l'examen de sa demande d'asile. Ce moyen doit par conséquent être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Grenier
La greffière
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.