Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413944

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413944
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant libanais, qui demandait d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour enregistrer sa demande de changement de statut vers la mention « salarié ». Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, faute pour le requérant de démontrer une impossibilité concrète d’obtenir un rendez-vous auprès de la préfecture compétente. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, sans astreinte ni frais.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représentée par Me Moussalem, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer à un rendez-vous afin qu'il puisse enregistrer sa demande d'admission au séjour en qualité de " salarié " dans le cadre d'un changement de statut, dans le délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'attente d'un rendez-vous risque de le faire basculer dans une situation irrégulière, son titre de séjour arrivant à expiration le

30 novembre 2024 ;

- la mesure demandée est utile, dès lors que l'ensemble de ses démarches pour déposer une demande de titre de séjour a échoué ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant libanais né 14 septembre 1990, est entré en France sous couvert d'un visa de long séjour " passeport talent - création d'entreprise ", puis s'est vu délivrer un titre de séjour pluriannuel portant la même mention valable jusqu'au 30 novembre 2024. Avant l'expiration de ce dernier, il a souhaité solliciter un changement de statut pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", sans réussir à prendre rendez-vous pour déposer sa demande. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer à un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet des

Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de changement de statut, M. B soutient avoir toujours résidé en France en situation régulière et avoir sollicité en vain un rendez-vous en vue du dépôt de cette demande, l'inertie de l'administration l'exposant au risque de se retrouver en situation irrégulière en dépit de sa diligence dans les démarches administratives. Toutefois, en se bornant à produire des copies d'écran faisant état d'une absence de créneau de rendez-vous disponible à la sous-préfecture du Raincy, qui dépend de la préfecture de Seine-Saint-Denis et non de celle des Hauts-de-Seine, le requérant n'établit aucunement l'existence d'une difficulté ou d'une impossibilité de solliciter un changement de statut auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine de laquelle il indique dépendre, compte tenu de son lieu de résidence sur la commune d'Antony. Dans ces conditions, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. B ne peut être regardée, au vu de la demande, comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 3 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.