Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413945

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413945
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. B pour suspendre la décision implicite du préfet du Val-d'Oise refusant le renouvellement de son titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a délivré un récépissé de demande de titre de séjour à M. B, ce qui a conduit le juge à constater un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction, celles-ci ayant perdu leur objet. Le tribunal a toutefois condamné l'État à verser 1 500 euros à M. B au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Besse, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du 29 avril 2024, né du silence gardé par l'administration, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre le préfet du Val-d'Oise, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de titre de séjour, qu'il risque de perdre son emploi à la suite d'une mise en demeure par son employeur et qu'il ne peut bénéficier d'un logement social, faute de régularité de séjour ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle a été prise en violation des dispositions des articles L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2024, M. B, représenté par Me Besse, informe le tribunal de ce que le préfet du Val-d'Oise lui a délivré un récépissé et que cette délivrance lui donne satisfaction.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu la note en délibéré du préfet du Val-d'Oise ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2413948, enregistrée le 26 septembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 9 octobre 2024 à

10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;

Le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain né le 27 août 1972 à Marrakech au Maroc demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du 29 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée :

2. Il ressort des écritures de M. B que, postérieurement à l'introduction de la présente requête, le préfet du Val-d'Oise lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour. Il précise que la délivrance de document lui donne pleine satisfaction. Il y a lieu, dès lors qu'elles n'ont plus d'objet, de constater un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête.

Sur les frais liés au litige :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête de M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copies-en sera adressée au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.