Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413972

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413972
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait un arrêté du préfet de police de Paris du 3 juin 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé la requête irrecevable car tardive, le délai de recours de quinze jours prévu à l'article R. 776-2 du code de justice administrative étant expiré lors de son enregistrement. La notification de l'arrêté mentionnait clairement les voies et délais de recours, et aucune demande d'aide juridictionnelle n'avait été présentée dans ce délai. La décision est fondée sur les articles L. 611-1 et L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 24016792/12/3 du 25 septembre 2024, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, le 26 septembre 2024, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis la requête de M. B, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 20 juin 2024.

Par cette requête, M. A B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Il soutient qu'il souhaite s'intégrer et travailler en France ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête et communique l'ensemble des pièces utiles en sa possession.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et par suite irrecevable ;

- les moyens soulevé dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 21 décembre 2000, serait entré en France irrégulièrement en 2019 selon ses allégations. Par un arrêté du 3 juin 2024, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code, alors en vigueur : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () ".

3. D'autre part, aux termes du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, alors en vigueur : " () / Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte la mention des voies et délais de recours. Par ailleurs, il ressort des mentions portées sur cet arrêté que celui-ci a été régulièrement notifié au requérant le 3 juin 2024 à 18h10 par le biais d'un interprète en langue arabe, comprise par l'intéressé. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait présenté une demande d'aide juridictionnelle dans le délai de quinze jours suivant cette notification. Par suite, le délai de recours contentieux de quinze jours, prévu par les dispositions de l'article R. 776-2 précité citées au point précédent, était expiré lorsque la requête de M. B a été enregistrée au greffe du tribunal, le 20 juin 2024. Dans ces conditions, le préfet de Police est fondé à soutenir que la requête de M. B est tardive et, par suite, irrecevable. Elle doit, donc, être rejetée pour ce motif.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le Magistrat désigné,

Signé

S. Ouillon

La greffière,

Signé

Z. Bouayyadi

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.