Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414033

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414033
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBENARROUS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension présentée par M. A. Celui-ci contestait le refus du CNAPS de lui délivrer une autorisation préalable pour exercer une activité de sécurité privée. Le juge a estimé que la condition d'urgence, requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'était pas remplie, la seule impossibilité d'exercer son métier étant insuffisante en l'absence d'autres éléments. La requête a donc été rejetée sans examen du moyen tiré de l'erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision en date du 13 septembre 2024, par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui accorder l'autorisation préalable de participer à une activité privée de sécurité mentionnée à l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

Il soutient que :

- sur l'urgence : il ne peut travailler dans son secteur d'activité faute de disposer de l'autorisation préalable sollicitée ;

- sur le doute sérieux : la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dés lors qu'il n'a jamais été impliqué dans le décès de ses enfants.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 septembre 2024 sous le numéro 2414075 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Edert pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. M. A a fait l'objet le 13 septembre 2024 d'une décision par laquelle le directeur du CNAPS a refusé de lui délivrer une autorisation préalable pour exercer une activité de sécurité privée. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre cette décision, le requérant fait valoir que cette décision lui interdit d'exercer le métier pour lequel il s'est formé depuis deux années. Toutefois, cette seule circonstance, en l'absence de tout autre élément, est insuffisante pour établir la situation d'urgence dont il se prévaut. Par suite, M. A ne démontre pas ainsi l'existence de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente de la décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée pour défaut d'urgence, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 30 septembre 2024.

La juge des référés,

Signé

S. Edert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2414033