mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414036 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ADRIEN MÉLANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Adrien, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de prendre toutes mesures de nature à faire cesser les atteintes manifestement graves et illégales à ses droits fondamentaux ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " et de lui délivrer dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer au sein des services de la préfecture afin de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour assorti d'une autorisation de travail, dans un délai de quarante-huit heures, et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros à verser Me Adrien en application de l'article L.761-1 du code justice administrative sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, en cas de non-admission à l'aide juridictionnelle, mettre à la charge de l'Etat cette même somme à verser directement entre ses mains.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle a déposé le 10 septembre un dossier complet auprès de la plateforme ANEF en vue de renouveler son titre de séjour étudiant, mais ne peut justifier de la régularité de son séjour, elle risque d'être éloignée du territoire français alors qu'elle bénéficie du droit de rester en France pendant l'instruction de sa demande ; en outre, elle se trouve dans une situation précaire ayant perdu le bénéfice de l'aide personnalisée au logement et son contrat d'apprentissage ayant été suspendu ce qui compromet également la réussite de ses études ;
- il existe une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à exercer les libertés reconnues aux étrangers en situation régulière, à sa liberté d'aller et venir, à son droit à exercer une activité professionnelle et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante ne justifie pas l'urgence qu'elle invoque.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Edert vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 1er octobre 2024 à 10 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience du 1er octobre 2024 en présence de Mme Soulier greffière d'audience :
- le rapport de Mme Edert, juge des référés,
- les observations de Me Adrien représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante camerounaise demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative à titre principal d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " et de lui délivrer dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard .
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Aux termes, d'une part, de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. () ".
5. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a été convoquée que le 10 septembre 2024 à la préfecture des Hauts de Seine afin de récupérer son titre de séjour étudiant valable du 16 septembre 2023 jusqu'au 15 septembre 2024, après de vaines tentatives depuis le mois de mars 2024 pour en obtenir la délivrance, contrairement à ce que le préfet des Hauts-de-Seine indique en défense. Elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le jour même et n'a pas été mise en possession d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, à la fin de la date de validité de son titre de séjour. Mme A se trouve ainsi dépourvue de tout document autorisant sa présence sur le territoire français depuis le 15 septembre 2024 alors qu'elle doit être regardée comme ayant présenté sa demande de titre de séjour dans les délais prescrits par les dispositions de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que son dossier est complet. Cette absence de délivrance la place en situation irrégulière pour la première fois depuis son entrée sur le territoire français et met en péril la poursuite de ses études universitaires et son apprentissage, ainsi que ses droits sociaux. Dès lors, en s'abstenant de lui délivrer l'attestation de prolongation d'instruction à laquelle elle a droit, le préfet des Hauts-de-Seine porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir de Mme A ainsi qu'à son droit au travail. Compte tenu de la nécessité de reprendre son contrat en alternance à très brève échéance, l'intéressée justifie également d'une situation d'urgence.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner en France dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
7. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante, la somme de 1000 euros qui sera versée à son conseil Me Adrien en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner en France dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Adrien conseil de Mme A la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie-en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er octobre 2024.
La juge des référés,
signé
S. Edert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2414036
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026