Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414042
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JOORY |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2024, Mme C, représenté par Me Joory, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le du 30 novembre 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de résident, temporaire ou non, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le même délai et sous astreinte de 100 par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de le munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande de délivrance de titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 19991 et prévoir qu'en cas de non admission à l'aide juridictionnelle cette somme lui sera directement versée.
Il soutient que :
- la situation d'urgence est remplie dès lors qu'il a sollicité du préfet du Val-d'Oise la délivrance d'un titre de séjour de plein droit, alors qu'il bénéficie de la qualité de réfugié et qu'il a perdu son emploi en l'absence d'autorisation provisoire de séjour ; il est en situation irrégulière depuis mai 2024 et est privé de tous ses droits ;
- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant ;
* elle méconnait les dispositions des articles L. 424-1, L. 424-4 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a produit aucune observation en défense.
- la requête n°2414054 enregistrée le 29 septembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-467 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Edert pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 11 octobre 2024 à 14 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Edert, juge des référés.
La clôture de l'instruction a été présentée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a obtenu le bénéfice du statut de réfugié le 19 mai 2023 par décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Suite au dépôt de sa demande de délivrance de carte de résident en qualité de réfugié en date du 31 juillet 2023, Mme B s'est vu remettre deux attestations de prolongation d'instruction, dont la dernière était valable jusqu'au 12 mai 2024. Aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été remise à l'expiration de ce document. N'ayant reçu aucune réponse à sa demande de délivrance de titre de séjour du 31 juillet 2023 et estimant qu'une décision implicite de rejet de sa demande est née quatre mois après le dépôt de sa demande, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de rejet implicite du 30 novembre 2023 par laquelle le préfet du Val d'Oise a rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, Mme B soutient que son attestation de prolongation d'instruction a expiré le 24 mai 2024 et n'a pas été renouvelée sans qu'elle ne se soit vu remettre la carte de résident à laquelle elle a droit et que, de ce fait, elle n'est plus en mesure de justifier de la régularité de son séjour en France, qu'elle a été privée de son emploi des suites de sa situation administrative. Toutefois, elle ne le justifie pas par la seule production d'un SMS en date de janvier 2024 indiquant que son contrat est suspendu, alors que le solde de tout compte qu'elle présente date de mai 2024 et que ces circonstances, pour regrettables qu'elles soient, qui ne sont assorties d'aucune précision quant à sa situation personnelle et familiale ou à ses conditions d'existence et qu'elle est en mesure de justifier de son droit à résider sur le territoire français par la production de la décision de l'OFPRA, ne peuvent, en l'état, être regardées comme suffisantes pour caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction, celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Joory et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise
Fait à Cergy, le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
Mme Edert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.0