Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414083
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414083 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme A B, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 25 juillet 2024 portant refus de délivrance d'autorisation provisoire de séjour par le préfet des Hauts-de-Seine ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail portant la mention " chercheur emploi - création d'entreprise ".
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le rejet de sa demande de changement de statut l'a privée d'une promesse d'embauche en contrat de travail à durée indéterminée, alors qu'elle vit depuis deux mois dans une situation d'extrême précarité, sans possibilité de travailler, portant atteinte à sa situation financière et à son avenir professionnel ;
- il existe des moyens de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête n°2414111, enregistrée le 30 septembre 2024, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 28 avril 1997, était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 19 mars 2023 au 18 mars 2024. Elle a sollicité le 22 janvier 2024 une demande de changement de statut afin d'obtenir un titre de séjour l'autorisant à travailler. Par un arrêté en date du 8 avril 2024, la préfecture des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande. Elle a ensuite déposé trois demandes d'autorisation provisoire de séjour portant la mention " chercheur d'emploi - création d'entreprise ", dont la dernière a été rejetée le 25 juillet 2024 au motif qu'elle avait obtenu un récépissé pour une demande de changement de statut. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 25 juillet 2024 portant rejet de sa demande d'autorisation provisoire de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, en vertu des dispositions du premier alinéa de l'article
R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme B soutient qu'elle est placée dans une situation d'extrême précarité, ne pouvant pas travailler et mettant en péril son avenir professionnel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme B est titulaire d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 2 octobre 2024, comme l'atteste le classement sans suite de sa demande du 11 avril 2024. Dans ces conditions, Mme B ne saurait être regardée, en l'état, comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 30 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.