Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414098
jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, C D A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 551-15 et L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il poursuit ses études à l'université de Rouen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête de M. A n'est assortie d'aucun moyen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Beaufaÿs, président du tribunal ;
- et les observations M. A, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens et fait valoir en outre qu'il est actuellement hébergé dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile à Cergy
L'OFII n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D A, ressortissant tchadien né le 12 mars 2000 est entré sur le territoire français le 4 septembre 2024, muni d'un visa " étudiant " pour y poursuivre des études à l'université de Rouen Normandie. Le 27 septembre 2024, il sollicite l'asile en France. Par une décision du 27 septembre 2024, le directeur territorial du Val-d'Oise de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 () ". Aux termes de l'article L. 552-8 du même code : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. / Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région. "
3. Il ressort des pièces du dossier que, lors de sa demande d'asile, M. A a refusé l'orientation vers le CAES Loire proposée par l'OFII. M. A fait valoir que la proposition d'orientation qui lui a été faite ne tenait pas compte de ses besoins et de sa situation personnelle dès lors qu'il suit une formation universitaire à l'université de Rouen et que son orientation compromettrait ses chances de suivre ses études. Toutefois, de telles circonstances ne sauraient justifier son refus, alors que le requérant ne démontre pas ne pas être en capacité de suivre des études. En outre, l'intéressé déclare être hébergé à Cergy, dans la région Île-de-France, et non à Rouen où se trouve l'établissement de sa formation. Dès lors, M. A, qui ne présente pas de facteurs de vulnérabilité particuliers, n'est pas fondé à soutenir que l'OFII, en refusant de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, a méconnu les dispositions des articles L. 551-15 et L. 522-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. C D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le président du tribunal,
signé
F. Beaufaÿs
La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.