Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414117
mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Toure, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer pour la modification de son état civil et de son adresse sur son titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est établie, dès lors qu'elle se trouve en situation irrégulière et que cela emporte des conséquences graves sur sa situation administrative et personnelle, celle-ci ne pouvant ni exercer ses droits ni bénéficier des prestations sociales ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que le dysfonctionnement informatique des services numériques de la préfecture l'empêche de modifier son état civil et son adresse sur son titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante mauritanienne née le 31 décembre 1979 à Kaédi en Mauritanie, a déposé une demande de modification de son état civil et de son adresse auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine le 1er novembre 2021, à la suite de son divorce prononcé le 18 octobre 2019. Son changement d'adresse a été validée sur sa nouvelle carte de séjour en cours de fabrication. La modification de son état civil a fait l'objet d'un refus dans la plateforme numérique " Démarches simplifiées " dont elle a pris connaissance à la suite de la création de son compte le 4 avril 2024. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer pour modifier son état civil et son adresse.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. En l'espèce, alors que son divorce a été prononcé le 18 octobre 2019 et qu'en l'état de l'instruction, la carence supposée de l'administration n'a ni pour objet ni pour effet de la placer en situation irrégulière, la demande de Mme A ne saurait être regardée comme présentant, en l'état, un caractère d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, précision étant faite que le changement sollicité ayant été refusé, la demande de Mme A aurait pour effet, s'il devait y être fait droit, obstacle à son exécution. Il suit de là que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 9 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.