Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414138

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414138
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A qui demandait la suspension d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Val-d'Oise. Le juge constate que le requérant n'a pas produit l'arrêté contesté, rendant ses conclusions manifestement irrecevables. En l'absence de pièce justifiant de l'existence de la décision attaquée, la demande est rejetée sans examen de l'urgence ou de l'atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, M. B A, représenté par

Me Amram, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision en date du 21 juin 2023 par laquelle le Préfet du Val-d'Oise a prononcé une obligation de quitter le territoire français à son encontre ;

2°) d'ordonner l'ouverture des frontières afin qu'il puisse entrer sur le territoire français ;

3°) de l'informer sans délai de la date et de l'heure de l'audience publique qui se tiendra par suite au dépôt de sa requête ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, qu'il aurait eu à exposer s'il n'avait pas eu cette aide ;

Il soutient que :

- le recours est recevable dès lors qu'il justifie d'un intérêt à agir ;

- il y a urgence dès lors qu'une décision d'expulsion d'un étranger du territoire français porte par elle-même une atteinte de manière grave et immédiate à sa situation et que ses effets sont imminents ;

- la situation porte une atteinte grave et manifeste à son droit d'asile en sa qualité de réfugié.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Considérant qu'aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; que l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.

3. M. A demande la suspension de l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet du

Val-d'Oise lui aurait fait obligation de quitter le territoire. Toutefois, il ressort de l'instruction qu'il se borne à produire la décision du Tribunal administratif de Cergy en date du 30 juin 2023, sans présenter l'arrêté contesté. Il s'ensuit que ses conclusions dirigées contre une décision non présentée au soutien de sa requête ne peuvent qu'être rejetées comme étant manifestement irrecevables.

4. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du

10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 1er octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.