Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414139

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414139
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un étudiant étranger demandant l'injonction au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, afin de pouvoir justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet avait délivré au requérant l'attestation sollicitée. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête, devenues sans objet, et a condamné l'État à verser 1 500 euros au requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Diallo, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler ou à défaut un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour étudiant l'autorisant à travailler, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant est toujours en cours d'instruction.et que, son titre de séjour ayant expiré le 6 septembre 2024, il a sollicité en vain sollicité la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction auprès des services de la Préfecture des Hauts-de-Seine, attestation de prolongation d'instruction sans laquelle il ne peut justifier de sa régularité de séjour et de son droit de travail.

Le préfet des Hauts-de-Seine auquel le mémoire a été communiqué n'a pas présenté d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien, né le 4 janvier 1996 à Bamako, Mali, était titulaire d'une carte de séjour temporaire mention " étudiant " d'une durée d'un an valable jusqu'au 6 septembre 2024. Il a déposé une demande de renouvellement de sa carte de séjour le 6 juillet 2024 au moyen du téléservice de la préfecture des Hauts-de-Seine. Après l'expiration de sa carte de séjour, M. A a sollicité la délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande auprès des services de la préfecture qui n'y a jamais répondu. Son contrat d'apprentissage a par la suite été suspendu en raison de l'absence d'une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de travailler. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé.

Sur les conclusions aux d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Dans son mémoire en défense, le préfet des Hauts-de-Seine a informé le tribunal que, postérieurement à l'introduction de la requête, le requérant a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 09 octobre 2024 au 08 janvier 2025. Dans ces conditions, les conclusions principales ayant désormais perdu leur objet, il y a lieu de constater un non-lieu à statuer à ce titre.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête de M. A tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard .

Article 2 : L'Etat versera à M. B A la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressé au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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