Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414159

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414159
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de clôture de la demande de titre de séjour de M. A, bénéficiaire de la protection subsidiaire. Le juge a estimé qu'aucun moyen soulevé par le requérant n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La requête a été rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux injonctions et aux frais d'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrés le 1er octobre 2024, M. A, représenté par Me Da Costa Cruz, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision de clôture de sa demande de délivrance de titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection internationale en date du 6 septembre 2024 ;

2°) D'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation de M. A B dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour autorisant son titulaire à travailler, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard et, à titre infiniment subsidiaire, de débloquer son espace ANEF afin qu'il puisse déposer une nouvelle demande de titre de séjour et de lui délivrer durant cet examen une attestation de prolongation d'instruction autorisant son titulaire à travailler, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il y a urgence, dès lors qu'il est placé sous protection internationale depuis la décision du 07 février 2022 et qu'en raison de la clôture de sa demande pour un motif erroné, celui-ci se retrouve dans l'impossibilité d'exercer les droits conditionnés à la régularité du séjour dont le droit de travailler ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée tenant à son insuffisante motivation, à l'existence d'un vice de procédure procédant de ce que la clôture litigieuse est intervenu qans qu'il lui soit demandé de pièces complémentaires ou sans indiquer que la demande effectuée est erronée, ainsi qu'au fait qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient que la requête est irrecevable.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 septembre 2024 sous le numéro 2414085 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et des apatrides ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 9 octobre 2024 à 10h, en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;

- les observations orales de Me Da Costa Cruz, représentant M. A.

Le préfet des Hauts-de-Seine n'étaient ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Considérant qu'aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. En l'état de l'instruction, et alors que M. A, bénéficiaire de la protection subsidiaire, a déposé une demande de titre en qualité de " bénéficiaire d'une ordonnance de protection ", aucun moyen de la requête n'est propre, à supposer qu'elle fasse grief, à créer un doute sérieux sur la légalité de la clôture de sa demande de délivrance de titre de séjour en date du 06 septembre 2024. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense et la condition d'urgence, que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur.

Copie-en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 9 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.