Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414251

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, épouse A, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour retirer son titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que la requérante s'était vu délivrer un récépissé valable jusqu'au 1er avril 2025 l'autorisant à résider et travailler. La solution retenue est le rejet de la demande, y compris les conclusions au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 et 31 octobre 2024, Mme C B, épouse A, représentée par Me Laplante, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous en vue de retirer son titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard';

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle est maintenue dans une situation précaire par l'impossibilité de retirer son titre de séjour et exposée à la perte de son emploi et que sa demande de renouvellement dure depuis plus d'un an ;

- la mesure demandée est utile ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'un récépissé, valable du 2 octobre 2024 au 1er avril 2025, a été remis à la requérante, le 2 octobre 2024.

Vu :

- l'ordonnance n° 2413008 du 30 septembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, épouse A, ressortissante algérienne née le 21 septembre 1975, fait valoir qu'elle ne parvient pas à obtenir un rendez-vous auprès de la préfecture du Val-d'Oise en vue de retirer son certificat de résidence algérien. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin qu'elle puisse retirer son titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Le préfet du Val-d'Oise fait valoir qu'il a, le 2 octobre 2024, remis à Mme B, épouse A un récépissé valable jusqu'au 1er avril 2025. Il résulte de l'instruction que le récépissé, remis le 2 octobre 2024, autorise la requérante à résider et à travailler en France. Dans ces conditions, et pour regrettable que soit le délai pris par les services de la préfecture du Val-d'Oise pour lui remettre le certificat de résidence algérien de la requérante, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.

4. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par Mme B, épouse A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B, épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, épouse A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 4 novembre 2024

Le juge des référés,

Signé

F.-X. PROST

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.