Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414252
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414252 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Saligari, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution des décisions en date des 24 avril 2024 et 7 juillet 2024 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a refusé ses demandes de changement de situation ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'enregistrer son changement d'adresse et de lui délivrer un titre de séjour mentionnant sa nouvelle adresse, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est remplie, dans la mesure où il a sollicité, en vain, la prise en compte de son changement d'adresse et de situation sur la plateforme ANEF et que le défaut d'enregistrement fait obstacle à sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, portant une atteinte grave et immédiate à son droit à la vie privée et familiale ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen sérieux quant à sa situation :
- elles sont entachées d'une erreur de fait ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête n° 2414249, enregistrée le 2 octobre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation des décisions contestées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 2 décembre 1984 à Makouda en Algérie, est entré en France le 16 décembre 2014, muni d'un visa court séjour. Il a obtenu un certificat de résidence valable du 21 juillet 2017 au 20 juillet 2027. Par un arrêté du 5 mars 2020, le préfet de police a retiré son certificat de résidence. Cet arrêté a fait l'objet d'une suspension par un jugement du tribunal de céans le 6 juillet 2021. Le 24 avril 2024, il a déposé une demande de changement d'adresse sur le site de l'ANEF et le 7 juillet 2024, il a effectué une demande de changement de situation. Ces demandes ont fait l'objet d'une clôture. Par la présente requête,
M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions.
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A fait valoir que le défaut d'enregistrement de son changement d'adresse et de sa situation sur la plateforme de l'ANEF porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale, en ce qu'il ne peut solliciter une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Toutefois, il résulte de l'instruction que la préfecture l'a invité à prendre rendez-vous pour une première demande de titre de séjour afin qu'il puisse procéder à son changement d'adresse et de situation. Dès lors, en l'absence de démarches, il s'est placé lui-même dans la situation dont il se plaint, et au surplus, la demande de regroupement familial de l'intéressé n'a pu être ni enregistrée ni instruire dans le délai de trente de jours à compter de la demande de compléments le 27 juin 2024. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant d'une situation urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. A dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 8 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.