mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414326 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUILLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n°2425757/8 en date du 3 octobre 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée le 26 septembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 octobre et 15 octobre 2024, M. C A, représenté par Me Guillier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelables deux fois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 19 septembre 2024 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, laquelle a été signée par une autorité territorialement incompétente, méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 21 de la convention d'application de l'Accord de Schengen, les dispositions des articles L. 612-2 3° et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur de fait, dès lors que l'intéressé réside en Italie ;
- est entaché d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'intéressé démontre son intention de quitter la France ;
- est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que l'intéressé réside en Italie, dispose d'un récépissé émis par les autorités italiennes et déclare son intention de retourner en Italie par bus le 17 octobre 2024, soit le lendemain de l'audience.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et produit toutes pièces utiles au dossier.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2024 :
- le rapport de M. d'Argenson, magistrat désigné ;
- les observations de Me Guillier, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soulève le moyen tiré de ce que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est incompétent pour connaitre du litige en l'espèce, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet est contestée devant le tribunal administratif de Paris ;
- les observations de M. A, assisté de Mme E D, interprète ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 16 octobre 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est un ressortissant tunisien né le 21 novembre 1984. Par un arrêté du 19 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois. Dans la présence instance, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la compétence territoriale du tribunal :
2. Aux termes de l'article R. 922-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. / ().
3. Il ressort de l'arrêté attaqué du 19 septembre 2024 que M. A est assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise. En conséquence, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est compétent pour connaitre du recours dirigé à son encontre. La circonstance que l'obligation de quitter le territoire français du même jour a été contestée devant le tribunal administratif de Paris et que ce recours sera audiencé le 22 janvier 2025 est sans incidence sur la compétence territoriale du tribunal de céans en ce qui concerne l'assignation à résidence. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
4. L'arrêté du 19 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français a été signé par Mme B, qui disposait, en qualité de chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement, d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime par arrêté n° 24-035 du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 76-2024-119 du 12 juillet 2024. Le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit donc être écarté. En outre, il ressort du PV d'audition de police judiciaire du
19 septembre 2024 que l'intéressé a été interpellé dans le département de la Seine-Maritime et que l'irrégularité de son séjour y a été constatée. Le moyen tiré de l'incompétence territoriale du préfet de la Seine-Maritime pour prendre cet arrêté doit donc également être écarté.
5. Si M. A soutient que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 1° du CESEDA et de l'article 21 de la convention d'application de l'Accord de Schengen dès lors que l'intéressé résiderait de manière régulière en Italie, l'intéressé ne produit qu'un récépissé de demande de titre de séjour en Italie et ne justifie donc pas pouvoir circuler librement dans l'espace Schengen. Ces moyens doivent donc être écartés.
6. Si M. A soutient qu'il réside en Italie et non en France, il ressort de son audition qu'il a déclaré être entré en France le 25 novembre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour et s'y être maintenu depuis lors en situation irrégulière, et souhaiter rester en France, être domicilié à Sarcelles et être employé comme chauffeur routier par une entreprise située en Seine-et-Marne. Il a en outre présenté, lors de son interpellation, copie d'une fausse carte d'identité italienne et faux permis de conduire italien. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit donc être écarté.
7. Si M. A soutient que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français méconnait L. 612-2 3° et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où le requérant souhaite quitter le territoire français et qu'il peut légalement résider en Italie, pays où il dispose d'un récépissé de titre de séjour, il ressort du PV d'audition que l'intéressé a déclaré souhaiter se maintenir en France alors qu'il reconnaît y résider en situation régulière. Il entrait ainsi dans la catégorie des étrangers pouvant faire l'objet, en vertu de ces dispositions, d'un refus de délai de départ volontaire. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
8. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés aux points précédents, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 19 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 19 septembre 2024 portant assignation à résidence :
10. Aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
11. M. A a fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, laquelle n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, il est au nombre des étrangers qui peuvent être assignés à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
12. Si M. A soutient que le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation en l'assignant à résidence dans le Val-d'Oise alors qu'il réside régulièrement en Italie et qu'il souhaite y retourner, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition des services de police en date du 19 septembre 2024, que l'intéressé a déclaré résider dans la commune de Sarcelles (95) et est employé par une entreprise située en Seine-et-Marne. En outre, la seule production d'un billet de bus à destination de l'Italie, acheté le 10 octobre 2024, soit postérieurement tant aux arrêtés en litige qu'à la fixation de la date de l'audience, est sans incidence sur leur légalité et ne permet pas en tout état de cause de démontrer la réalité des intentions de départ du requérant. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché son arrêté d'une erreur de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 22 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P.-H. d'Argenson Le greffier,
signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026