Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414389
vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 16 octobre 2024, Mme C B, représentée par Me Victor, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " dans un délai de sept jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; qu'en outre, la décision attaquée a pour effet de la placer dans l'impossibilité de pouvoir justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, l'empêchant par voie de conséquence de mener son projet professionnel et académique ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que la requérante s'est vue délivrer une attestation de prolongation d'instruction le 4 octobre 2024 valable jusqu'au 1er janvier 2025 et que l'intéressée ayant produit des pièces complémentaires dans son dossier celui-ci est en cours d'instruction.
Vu :
- la requête n° 2414388, enregistrée le 4 octobre 2024, par laquelle Mme C B demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 17 octobre 2024 à 10 heures.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, le rapport de Mme Le Griel, juge des référés.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante brésilienne née le 15 février 1995, est entrée en France en juin 2022 munie d'un visa long séjour valant titre de séjour en qualité de " Jeune au pair ", valable du 19 juin 2022 au 19 juin 2023. Suite à son inscription en master pour l'année 2024-2025 à l'Ecole supérieure de l'immobilier, l'intéressée a procédé à une demande de changement de statut afin de se voir délivrer un titre de séjour mention " étudiant ". Elle s'est vue délivrer une confirmation de dépôt de sa demande de renouvellement le 3 juin 2024. A l'échéance de son titre de séjour, le 18 juillet 2024, la requérante ne s'est toutefois pas vu délivrer d'attestation de prolongation d'instruction. En l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour, Mme C B demande, par la présente requête, à la juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour mention " étudiant ".
2. Il résulte de l'instruction que le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à la requérante une attestation de prolongation d'instruction le 4 octobre 2024, valable jusqu'au 1er janvier 2025 et lui maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison de son titre de séjour précédent, lequel notamment l'autorisait à travailler, lui permettant ainsi de poursuivre ses études et d'être en situation régulière sur le territoire français. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de la décision en litige et sur celles à fin d'injonction, présentées par l'intéressée, qui sont devenues en cours d'instance sans objet. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées par
Mme C B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 25 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
H. Le Griel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2414389