Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414409

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414409
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par une étudiante étrangère d'une demande d'injonction visant à obtenir une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante soutenait que l'absence de document l'exposait à une situation irrégulière compromettant la poursuite de son stage et la validation de son diplôme, ce qui constituait une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés. Le préfet des Hauts-de-Seine a, en cours d'instance, délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 janvier 2025. Le juge a constaté que les conclusions principales de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur celles-ci. Il a toutefois condamné l'État à verser 800 euros à la requérante au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Leloup, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation à un rendez-vous afin de remise d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler à titre accessoire et de veiller à la renouveler autant de fois que nécessaire jusqu'à la délivrance de son titre de séjour et ce, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à défaut de lui délivrer une attestation de décision favorable à sa demande de renouvellement de titre de séjour, et ce , sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle se retrouve en situation irrégulière à compter du 4 octobre 2024, que dans le cadre de sa formation, elle ne pourra pas poursuivre son stage, son employeur va suspendre son contrat de travail le 4 octobre, la privant de toute ressource et empêchant la poursuite de son stage et par suite la validation de son diplôme de Master préparé à l'ESSEC Bussiness School ;

- les décisions en litige portent une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit de travailler ; la décision de clôture de sa demande le 5 juillet 2024 et celle valant refus implicite de délivrance du titre de séjour étudiant ont été prises en méconnaissance des dispositions des articles L. 422-1 et R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; si le motif de la décision de clôture vaut en réalité décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, le préfet devait lui remettre une attestation de décision favorable en application des dispositions de l'article R. 431-15-1 dudit code.

Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir qu'il a remis à la requérante une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique le 8 mai 2024 à 10 heures

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Me Bouayyadi, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Le Griel, juge des référés ;

- et les observations de Me Kleinfinger substituant Me Leloup représentant Mme A, laquelle était présente. Elle fait valoir qu'elle maintient ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et indique néanmoins qu'elle sera dans l'obligation de solliciter une nouvelle prolongation, et le cas échéant de saisir à nouveau ce tribunal, car les examens se tiennent en février 2025.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante indienne, née le 6 avril 1999, est entrée sur le territoire français le 22 août 2022 sous couvert d'un passeport muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour mention " étudiant " valable jusqu'au 15 août 2023. Elle s'est vue délivrer une carte de séjour mention " étudiant " valable du 16 août 2023 au 15 août 2024 dont elle a sollicité le renouvellement le 3 juin 2024 - ainsi qu'il résulte des pièces versées au dossier-. Le 5 juillet 2024, elle a reçu une décision de clôture de sa demande l'informant de la réception prochaine de son titre de séjour et s'est également vue remettre une attestation de prolongation d'instruction valable du 5 juillet 2024 au 4 octobre 2024. Lors de sa présentation au guichet de la préfecture le 25 septembre 2024, elle a été informée de ce que son titre de séjour n'était pas prêt. Ses demandes d'information auprès des services préfectoraux sont restées sans réponse. Le 12 septembre 2024, elle a réitéré sa demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF, demeurée sans réponse. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin de remise d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, à défaut de lui délivrer une attestation de décision favorable à sa demande de titre de séjour.

2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine a, après communication de la requête, délivré à Mme A une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 janvier 2025. Ainsi, dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de titre de séjour sont devenues sans objet ainsi que par suite ses conclusions à fin d'astreinte. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 15 octobre 2024

La juge des référés,

Signé

H. Le Griel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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