Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414654

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414654
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant marocain, qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour la délivrance de son titre de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, en l'absence de décision administrative préalable et de précarité suffisamment caractérisée. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sans qu'il soit besoin d'examiner le fond de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Khallouki, demande au juge des référés, q en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour la délivrance de son titre de séjour ou, à défaut, un récépissé l'autorisant à travailler dans l'attente de l'édition de sa carte de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'irrégularité de son séjour le place dans une situation de précarité, celui-ci étant privé de son droit à une vie privée et familiale normal et de se déplacer, qu'il risque une mesure d'éloignement en cas de contrôle de sa situation administrative ; en outre, il a été radié de la liste des demandeurs d'emploi, lui causant la perte de son emploi et le bénéfice de missions d'intérim ;

- la mesure sollicitée est utile, en ce sa demande de titre de séjour ne se heurte à aucune contestation sérieuse des services de la préfecture ;

- la mesure sollicitée n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'il s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque, en ce qu'il n'a pas entrepris les diligences pour solliciter le renouvellement de son titre de séjour dans les délais prescrits ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 31 décembre 1974 à Ould Yahia au Maroc, est entré sur le territoire français le 31 janvier 2009, muni d'un visa mention " vie privée et familiale ". Le 29 juillet 2024, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour arrivé à expiration le 5 septembre 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour la délivrance de son titre de séjour ou, à défaut, un récépissé l'autorisant à travailler dans l'attente de l'édition de sa carte de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. B fait valoir que l'irrégularité de son séjour le place dans une situation de grande précarité économique et porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale. Toutefois, il résulte de l'instruction que s'il a déposé sa demande de renouvellement le 29 juillet 2024 auprès des services de la préfecture, aucune décision, y compris implicite, n'a encore été prise. Par suite, à supposer qu'il entre dans la compétence du juge des référés intervenant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de se substituer au préfet dans l'examen des demandes qui lui sont adressées, la mesure demandée est, en l'état de l'instruction, ne présente pas, à la date de la présente ordonnance, un caractère d'urgence et d'utilité au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, au sens des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy, le 28 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2414654