Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414771

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414771
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. et Mme B. Les requérants demandaient diverses mesures urgentes (rejet de publications au fichier immobilier, rectification cadastrale, expulsion d'occupants) qu'ils estimaient nécessaires pour sauvegarder leurs droits de propriété. Le juge a constaté que ces demandes ne relevaient pas de la compétence de la juridiction administrative, car elles ne concernaient pas des décisions administratives dont le contentieux relève du juge administratif. En conséquence, la requête a été rejetée comme irrecevable pour incompétence de la juridiction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024 et un mémoire complémentaire du 12 octobre 2024, M. et Mme A et C B demandent au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative:

1°) d'enjoindre, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, au SPF de St-Leu-la forêt 2 de prendre les mesures nécessaires pour que les publications dont le dépôt a été accepté, alors qu'il aurait dû être refusé, et dont le rejet n'est toujours pas intervenu au mépris et en violation des décrets n° 55-22 du 4 janvier 1955 et n° 55-1350 du 14 octobre 1955, et du principe de légalité, soient rejetées : commandement de saisie immobilière du 10 octobre 2001 publié le 28 novembre 2001 (Volume : 2000 S N° 72), sommation de prendre connaissance du cahier des charges du 10 janvier 2001, et document délivré par l'administration du TGI de Pontoise et publié le 26 juillet 2001 (cahier des charges du 4 janvier 2001+ jugement d'adjudication du 22 mars 2001 - volume 2001 P N° 3379) ;

2°) d'enjoindre au SPF de St-Leu-la forêt 2 de rectifier le fichier immobilier dès que les rejets seront devenus définitifs, de transmettre un relevé de formalités concernant la parcelle AY1055, sise 15 rue Traversière 95220 Herblay, de faire le nécessaire afin de faire rectifier, simultanément, les informations figurant au cadastre concernant le nom et prénoms des réels propriétaires de la parcelle AY1055 sise 15 rue Traversière 95220 Herblay, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3° d'ordonner l'expulsion des occupants qui se maintiennent illégalement dans le bien immobilier des époux B, sis 15 rue Traversière 95220 Herblay sur Seine (parcelle AY1055) dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heure ". L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Une requête tendant à la mise en œuvre de la procédure de référé instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative relève du juge qui a compétence pour connaître soit du recours en annulation formé contre l'acte administratif contesté dans le cadre de la procédure de référé, soit du recours susceptible d'être introduit à la suite d'un agissement de l'administration entrant dans le champ des prévisions de l'article L. 521-2. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

3. Aucune des mesures demandées dans la requête ne correspond à des décisions dont le contentieux de l'annulation relève du juge administratif. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et C B.

Fait à Cergy le 16 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

G. Thobaty

La République mande au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.