Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415079

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2415079
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi en référé par Mme A, une réfugiée, pour enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour ou de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. La requérante s'est désistée de ses conclusions principales après avoir obtenu l'attestation sollicitée. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'État a été condamné à verser 1 000 euros à son avocat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Lujien, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir, à défaut, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer ladite prolongation dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors est placée dans l'impossibilité de pouvoir obtenir un justificatif de son séjour régulier sur le territoire français, alors qu'elle a été déclarée réfugiée ;

-. elle a vainement relancé les services de la préfecture à plusieurs reprises, pour avoir des informations sur l'état d'avancement de son dossier ; une attestation d'instruction lui a été délivrée valable du 19 mars au 18 septembre 2024 ; depuis cette date, elle n'a pas reçu de réponse de la préfecture ou de prolongation d'instruction ;

Par un mémoire en désistement, enregistré le 28 octobre 2024, Mme A informe le tribunal qu'elle se désiste de ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte mais qu'elle maintient celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistrée le 29 octobre 2014, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2024, Mme A a déclaré se désister de sa requête en raison de l'obtention d'une attestation de prolongation d'instruction valant autorisation provisoire de séjour. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et, sous réserve que Me Lujien, avocat de Mme A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Lujien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1 : Mme A est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : Sous réserve que Me Lujien, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle, il sera à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Lujien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 5 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2415079