Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415181

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2415181
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A, bénéficiaire de la protection subsidiaire. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, malgré les risques professionnels allégués par le requérant, en raison de la proximité de l'audience au fond fixée au 15 novembre 2024. La requête a été rejetée par ordonnance sans débat contradictoire, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui renouveler son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer, à titre provisoire, une carte de résident dans un délai de 7 jours ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans le même délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente et dans les 24 heures une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est présumée dès lors que la décision attaquée constitue une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour, qu'aucune circonstance ne saurait permettre à l'autorité administrative d'étendre l'instruction d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour sur une période de plus de 19 mois et que l'absence de délivrance d'un titre de séjour a des conséquences graves sur sa situation professionnelle ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué dès lors qu'il n'est pas motivé et méconnait les dispositions des articles L. 424-9 et

L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la requête enregistrée le 5 juillet 2024 sous le n°2409678 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 14 février 2018. Il s'est vu remettre, par les services du préfet des Hauts-de-Seine, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " valable du 30 mars 2019 au 29 mars 2023. L'administration lui a ensuite remis un premier récépissé valable du 10 mars 2023 au

29 septembre 2023, renouvelé du 20 octobre 2023 au 19 janvier 2024, puis du 16 février 2024 au 15 mai 2024. M. A a ensuite sollicité un nouveau récépissé sur le téléservice

" démarches-simplifiées ". Son dossier étant toujours en cours d'instruction M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, d'achever l'instruction de sa demande de carte de résident dans un délai de sept jours.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. Si M. A fait notamment valoir que la décision attaquée est de nature à entraver son droit de travailler dès lors que son employeur aurait suspendu son contrat de travail dès le 19 octobre 2024 et se réserverait le droit d'initier une procédure de licenciement faute pour le requérant de produire une nouvelle autorisation de travail sous quinze jours, cette circonstance, à la supposer établie, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative dès lors que l'examen au fond de la requête de M. A est inscrit à l'audience du tribunal du 15 novembre 2024.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 24 octobre 2024.

Le juge des référés.

Signé

L. Buisson

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0