Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415239
jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2415239 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 octobre 2024 et le 24 octobre 2024, M. B, représenté par Me Morel, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier le dispositif de l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024, par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de sa notification, sans astreinte ;
2°) d'enjoindre en conséquence au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas privée d'objet, dès lors que le préfet n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024 dans les délais requis et que la convocation qui lui a été adressée pour le vendredi 25 octobre 2024 ne porte pas sur la délivrance d'un récépissé, qui demeure hypothétique à ce stade ;
- le défaut d'exécution de l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024 lui porte un préjudice grave et le maintient dans une situation anormale de grande précarité administrative caractérisant une situation d'urgence, en présence d'un risque imminent de rupture de son contrat de travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer, dès lors que M. B est convoqué en préfecture le 25 octobre 2024 à 9 heures 28 pour retirer son récépissé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024 de la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 24 octobre 2024 à 13 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Oriol, juge des référés ;
- les observations orales de Me Morel, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exception de non-lieu soulevée par le préfet des Hauts-de-Seine :
1. Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de M. B, dès lors qu'il l'a convoqué en préfecture le 25 octobre à 9 heures 28 pour retirer son récépissé. Toutefois, si le préfet verse une convocation à l'instance, il n'en ressort pas qu'elle aurait pour objet de délivrer un récépissé à M. B, à qui il est demandé de présenter deux photos d'identité récentes et un passeport ou une carte de séjour en cours de validité pour une biométrie. Par suite, et contrairement à ce que soutient le préfet du Val-d'Oise, la requête de M. B conserve son objet. L'exception de non-lieu doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
3. Par une ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. B un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de sa notification, sans astreinte. Par la présente requête, M. B a informé le tribunal que cette ordonnance n'avait pas été exécutée. Le défaut d'exécution de l'ordonnance en cause constitue une circonstance nouvelle justifiant sa modification en application des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu d'assortir le dispositif de l'article 1er de l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024 d'une astreinte journalière de 100 euros à compter de l'expiration d'un délai de 24 heures suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu'à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'injonction prévue à l'article 1er de l'ordonnance n° 2414976 du 18 octobre 2024, par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. B un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de sa notification, sans astreinte, est assortie d'une astreinte journalière de 100 euros à compter de l'expiration d'un délai de 24 heures suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu'à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 24 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24152392