mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2415353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | COURBRON TCHOULEV |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2024, l'établissement public Colombes Habitat Public demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de réexaminer l'ordonnance n°2414791 du 17 octobre 2024 et de mettre fin aux mesures qu'elle ordonne, à savoir la suspension de l'exécution de la décision du 7 octobre 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a accordé le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion à compter du 21 octobre 2024 de M. A du logement qu'il occupe 35 rue Jean-Jacques Rousseau à Colombes (92700) et la mise à la charge de l'Etat de la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) de rejeter la requête de M. A.
Il soutient qu'il existe des éléments nouveaux justifiant qu'il soit mis fin à la suspension de l'exécution du concours de la force publique qui a été consentie par le préfet des
Hauts-de- Seine le 7 octobre 2024. Ainsi, d'une part, l'urgence n'est pas établie dès lors qu'une solution de relogement a été proposée à M. A dès 2018 qu'il a refusée et que la cour d'appel de Versailles a confirmé son expulsion dans son arrêt du 28 mars 2023. Par ailleurs, il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision du 7 octobre 2024 dès lors qu'une solution de relogement a été proposée à M. A et que le commandement de quitter les lieux est légal, régulier et opposable à M. A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2024, M. A, représenté par Me Courbron-Tchoulev, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Colombes Habitat public et de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et à ce qu'ils soient condamnés aux dépens de l'instance.
Il soutient que :
- l'urgence à suspendre est établie ;
- les moyens soulevés par Colombes habitat public ne sont pas de nature à écarter le doute sérieux entachant la légalité de la décision attaquée.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n°2414791 rendue le 17 octobre 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 30 octobre 2024 à 11 heures 30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;
- les observations de Me Eyrignoux, pour Colombes Habitat Public ;
- et les observations de Me Courbron-Tchoulev, pour M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article L.521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
2. Par une ordonnance du 17 octobre 2024, le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a octroyé le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de M. A du logement qu'il occupe au motif que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution était propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L'établissement public Colombes habitat public demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à cette mesure de suspension.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. La seule circonstance que les éléments produits devant le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, auraient déjà été à la disposition de la personne intéressée lors de l'instruction de la demande de suspension et qu'ils n'auraient pas été invoqués en temps utile ne fait pas obstacle à ce qu'ils soient invoqués ultérieurement au soutien d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative tendant à ce que le juge des référés mette fin à la suspension ordonnée antérieurement.
4. D'une part, dans son ordonnance du 17 octobre 2024, le juge des référés a estimé que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 était remplie au motif que M. A et son fils se trouvent dans une situation de grande précarité sans bénéficier d'une solution d'hébergement en cas d'expulsion. Si Colombes Habitat Public fait valoir que cette situation est imputable au requérant, à qui le juge judiciaire a toujours refusé d'accorder des délais supplémentaires pour quitter le logement litigieux, et qui a refusé la solution de relogement qui lui avait été présentée en 2018, il ressort des pièces du dossier, outre que cette offre est ancienne et qu'aucune autre ne lui a été proposée depuis, que le logement proposé nécessitait des travaux, dont une partie était présentée comme à la charge de l'intéressé dans un courrier du 8 octobre 2018, d'une importance telle que le refus de M. A était légitime alors qu'il vivait à cette date avec son nourrisson. Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutient Colombes Habitat Public, la condition de l'urgence est satisfaite.
5. D'autre part, s'agissant du moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige et tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, la circonstance qu'une solution de relogement ait été proposée en 2018 à M. A qui l'a refusée est inopérante. Par ailleurs, si Colombes Habitat Public soutient que la décision attaquée est fondée sur un titre exécutoire régulier qu'elle produit, à savoir l'arrêt de la cour d'appel de Versailles du 28 mars 2023 confirmant le jugement du
9 juillet 2021 du tribunal de proximité de Colombes dont la copie exécutoire a été délivrée le
6 août 2021, et que le commandement de quitter les lieux en date du 16 mai 2024, qu'elle produit également, est légal, régulier et opposable, ces éléments ne sont pas de nature à modifier ou à mettre fin aux mesures ordonnées par l'ordonnance du 17 octobre 2024, dès lors que la décision en litige est uniquement fondée sur " une décision de justice rendue le 6 août 2021 par le tribunal judiciaire de Nanterre ".
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Colombes habitat public doit être rejetée.
Sur les dépens de l'instance :
7. M. A n'établit pas avoir engagé de dépens dans la présente instance. Sa demande tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat et de Colombes Habitat Public une somme au titre des dépens de l'instance ne peut donc, en tout état de cause, qu'être rejetée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat et de Colombes habitat public la somme demandée par M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Colombes Habitat Public est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des dépens de l'instance sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Colombes Habitat Public, à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 30 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026