Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416075
mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2416075 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Lesueur, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de prononcer la suspension de l'exécution de la décision en date du 18 octobre 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et a classé sans suite cette demande, ainsi que de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris et le préfet des Hauts-de-Seine ont refusé de lui délivrer un récépissé pour la période d'instruction postérieure au 22 septembre 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris et au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, une attestation de prolongation d'instruction ou tout document provisoire ayant les mêmes effets, et de le renouveler jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de deux jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de renouvellement de son récépissé, son employeur a suspendu son contrat de travail le 20 septembre 2024, alors qu'il s'agit de sa seule source de revenus, qu'il doit subvenir aux besoins de son enfant français et qu'il assume d'importantes responsabilités financières vis-à-vis de sa mère ;
- il existe une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail, ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian né le 8 août 1988, réside sur le territoire français, selon ses déclarations, depuis l'année 2010. Père d'un enfant français, il a été mis en possession par le préfet de police de Paris, le 18 avril 2014, d'une carte de résident dont la validité expirait le 17 avril 2024. Il en a sollicité le renouvellement devant cette même autorité préfectorale le 22 mars 2024 et a été mis en possession d'un récépissé valable jusqu'au 21 septembre 2024. Il a sollicité le renouvellement de ce dernier auprès du préfet des Hauts-de-Seine, désormais territorialement compétent du fait du déménagement de M. B à Clichy (92110). Par une décision du 18 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite sa demande de renouvellement de récépissé. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision ainsi que de la décision implicite par laquelle le préfet de Police de Paris et le préfet des Hauts-de-Seine ont refusé de lui délivrer un récépissé pour la période d'instruction postérieure au 22 septembre 2024, et d'enjoindre auxdits préfets de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, une attestation de prolongation d'instruction ou tout document provisoire ayant les mêmes effets
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'extrême urgence qu'il y aurait à prononcer la suspension de l'exécution des décisions attaquées et d'enjoindre au préfet de police de Paris et au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement titre de séjour l'autorisant à travailler, M. B fait valoir que son employeur a suspendu son contrat de travail le 20 septembre 2024, alors qu'il s'agit de sa seule source de revenus, qu'il doit subvenir aux besoins de son enfant français et qu'il assume d'importantes responsabilités financières
vis-à-vis de sa mère. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B a déposé la demande de renouvellement de son titre de séjour le 22 mars 2024 et que, par suite, en application des dispositions de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de cette demande est née le 22 juillet 2024 dont il était loisible au requérant de déférer la légalité au juge administratif, dans le cadre d'un recours contentieux de droit commun ou d'un recours en référé. En outre, il est constant que le dernier récépissé de M. B a expiré le 20 septembre 2024 et que la suspension de son contrat de travail a été prononcé le 22 septembre 2024, soit plus d'un mois avant que l'intéressé n'exerce le présent référé. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas de l'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions rappelées au point 2 de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy, le 12 novembre 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2416075