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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2416887

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416887

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLEJARD ZAÏRE SELTENE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, M. D, représenté par Me Seltene, avocat commis d'office, demande au tribunal d'annuler la décision du 31 octobre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil.

M. C soutient que :

- il a bien fourni toutes les informations utiles à l'instruction de sa demande d'asile ;

- s'il est bien passé par l'Espagne, il n'y a pas demandé l'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de moyen assorti de précisions permettant au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relatives aux conditions matérielles d'accueil.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 décembre 2024 :

- le rapport de Mme Grenier, magistrate désignée ;

- les observations de Me Seltene, avocat commis d'office, en présence de M. C, présent, assisté de M. B, interprète, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise en outre que son père est en situation régulière sur le territoire, que son frère est en demande de logement social et qu'il est hébergé par un tiers.

- le directeur territorial de l'OFII n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant mauritanien né le 26 octobre 1999, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Le 6 septembre 2024, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 31 octobre 2024, dont M. C demande l'annulation, l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a informé de la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne fournissant pas toutes les informations utiles à l'instruction de sa demande d'asile.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur (), dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment () en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (). ".

3. Pour mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. C, le directeur général de l'OFII s'est fondé sur la circonstance qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les documents sollicités par un courrier du 6 septembre 2024, et notamment ceux relatifs à son hébergement ainsi qu'à toute pièce justifiant son lien de parenté avec son hébergeant. Il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas versé l'ensemble des pièces demandées dans le délai de cinq jours qui lui était imparti à cette fin. Si le requérant soutient que son père est en situation régulière sur le territoire français, que son frère a effectué une demande de logement social et qu'il est hébergé par un tiers, et verse des pièces à l'appui de ses allégations, il n'apporte aucun élément justifiant des motifs pour lesquels il n'a pas transmis ces documents a l'OFII dans le délai qui lui était imparti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

4. En second lieu, M. C ne peut utilement soutenir qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Espagne pour contester la légalité de la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil contestée.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par l'OFII, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 13 décembre 2024.

La magistrate désignée,

signé

C. Grenier La greffière,

signé

M. A

La République mande et ordonne à l'Office français de l'immigration et de l'intégration en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°24168870

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