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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2418003

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418003

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418003
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantWERBA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... dirigée contre un arrêté du préfet du Val-d’Oise du 18 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le juge a constaté que le délai de recours contentieux de trente jours, prévu par les articles L. 614-1 et L. 911-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, était expiré lors de l’enregistrement de la requête le 12 décembre 2024, la notification de l’arrêté ayant eu lieu le 31 juillet 2024. En application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête tardive a été rejetée sans régularisation possible.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Werba, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle, à titre provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 18 juillet 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2025, le préfet du Val-d’Oise confirme sa décision et transmet les pièces constitutives du dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ; ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ». L’article R. 421-5 du même code dispose que : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3. Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l’interdiction de retour sur le territoire français qui l’accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l’article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 614-4 du même code : « Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l’article L. 611-1 est assortie d’un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu’une disposition du présent code prévoit qu’une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision. Sous réserve des troisième et avant-dernier alinéa du présent article, il statue dans un délai de six mois à compter de l’introduction du recours. / L’étranger peut demander le bénéfice de l’aide juridictionnelle, au plus tard lors de l’introduction de son recours. (…) ».

4. En premier lieu, le requérant, qui n’a pas produit de formulaire en réponse au courrier qui lui a été adressé par le greffe du tribunal le 31 mars 2025 en vue de bénéficier de l’aide juridictionnelle, doit être regardé comme ayant renoncé à l’assistance d’un avocat désigné au titre de l’aide juridictionnelle.

5. En second lieu, l’arrêté attaqué, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination a été pris sur le fondement du 4° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En application des dispositions précitées des articles L. 614-1 et L. 911-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le délai de recours contentieux contre cet arrêté était de trente jours à compter de sa notification. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté contesté, comportant la mention des voies et délais de recours, a été envoyé par courrier recommandé avec accusé de réception à l’adresse de M. A..., au 3 allée des platanes à Cergy, et a été reçu par l’intéressé le 31 juillet 2024, ainsi qu’il ressort des mentions de l’avis de réception versé au dossier, signé par le requérant. Ainsi, M. A... a reçu notification de la décision en litige le 31 juillet 2024. Dès lors, à la date d’enregistrement de la requête, le 12 décembre 2024, le délai de recours contentieux était expiré. Par suite, cette requête, qui est tardive, ne saurait être régularisée et doit donc être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. B... A... et au préfet du Val-d’Oise.

Fait à Cergy, le 29 janvier 2026.

La présidente de la 6ème chambre,

signé


J. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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