LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2418162

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418162

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418162
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBOUDAYA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A... C... visant à annuler l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 13 décembre 2024. Cet arrêté lui faisait obligation de quitter sans délai le territoire français, fixait le pays de renvoi et prononçait une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation. Il a également estimé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence d'attaches familiales intenses en France et de la présence de ses parents en Tunisie. La solution retenue s'appuie notamment sur les articles L. 613-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2024, M. B... A... C... représenté par Me Boudaya, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 13 décembre 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, en fixant le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d’un an ;

2°) de mettre à la charge la somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un défaut de motivation révélant un défaut d’examen de sa situation ;
- il est entaché d’une violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Ouillon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. B... A... C..., ressortissant tunisien né le 7 juin 1986, est entré en France en 2020 selon ses déclarations. À la suite de son interpellation par les services de police le 12 décembre 2024, le préfet du Val-d’Oise a pris à son encontre, le 13 décembre suivant, une décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français, en fixant le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d’un an. M. A... C... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.

En premier lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée (…) ».

L’arrêté attaqué, qui n’avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation de l’intéressé, comporte précisément les considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements. Il répond ainsi aux exigences posées par l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, lesquelles s’apprécient indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué serait insuffisamment motivé est infondé. Cette motivation révèle que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de prendre à son encontre l’arrêté attaqué.

En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (…). ».

M. A... C... fait valoir qu’il est arrivé en France il y a quatre ans et qu’il y réside depuis lors. Il soutient travailler depuis plusieurs années en France et produit à ce titre son contrat à durée indéterminée signé le 2 août 2024. Toutefois, M. A... C..., qui est célibataire et sans charge de famille en France, ne justifie pas d’une insertion sociale ou professionnelle particulière sur le territoire national ni ne justifie de liens familiaux intenses. Par ailleurs, il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents comme il ressort de son audition par les services de police. Dans ces conditions, en prenant à l’encontre de l’intéressé, l’arrêté attaqué, le préfet du Val-d’Oise n’a pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.

En troisième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / (…) 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; (…) ».

Il ressort des termes mêmes de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d’Oise a obligé le requérant à quitter le territoire français, sur le fondement des dispositions des 1° et 5° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après avoir relevé que ce dernier est entré de manière irrégulière sur le territoire français, qu’il y s’est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité et qu’il a été interpellé pour des faits de conduite d’un véhicule sous emprise de produits stupéfiants. M. A... C... ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l’article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui sont relatives aux décisions d'expulsion et non aux décisions portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l’objet. Par ailleurs, si M. A... C..., qui a été interpellé pour des faits de conduite d’un véhicule sous emprise de produits stupéfiants, soutient qu’il ne s’agit que d’un acte isolé, qui ne reflète en rien sa conduite habituelle, il ressort de son audition par les services de police, qu’il a reconnu fumer du cannabis depuis trois ans et engager des dépenses à hauteur de vingt euros par mois pour se procurer un tel produit. En tout état de cause, l’intéressé étant entré en France de manière irrégulière sans disposer de titre de séjour en cours de validité, il entrait dans un cas dans lequel le préfet pouvait décider de son éloignement du territoire français.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / (…) / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…) ».

Pour refuser d’accorder un délai de départ volontaire à M. A... C..., le préfet a retenu la circonstance qu’il existait un risque que l’intéressé se soustraie à la mesure d’éloignement dès lors, d’une part, qu’il est entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et, d’autre part, qu’il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Si, pour contester ces motifs, le requérant produit une copie d’un bail d’habitation, non daté, prévoyant une date d’effet au 20 juin 2024, portant sur un bien situé à Saint-Brice-sous-Forêt, il avait indiqué lors de son audition par les services de police, le 12 décembre 2024, être occupant à titre gratuit de ce logement. De même, si M. A... C... produit une copie d’une passeport en cours de validité, il avait indiqué toujours lors de la même audition, avoir une copie de son passeport tunisien sur son téléphone mais ne plus l’avoir « physiquement ». En tout état de cause, l’intéressé ne conteste pas être entré irrégulièrement sur le territoire français ni ne pas avoir demandé la délivrance d'un titre de séjour, motifs justifiant à eux seuls un refus de délai de départ volontaire et il résulte de l’instruction que le préfet aurait pris la même décision en retenant ces derniers motifs. Par suite la contestation du refus de délai de départ volontaire doit être écartée.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... C... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D É C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... C... et au préfet du Val-d’Oise.

Délibéré après l'audience du 11 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
M. Luc Probert, premier conseiller,
Mme Gaudemet, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2026.


Le président-rapporteur,

signé

S. Ouillon
L’assesseur le plus ancien,

signé

L. ProbertLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions